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    Chronique : une langue en partage

    Géraldine Lepère a eu une idée géniale. Une idée qu’elle partage avec des anglophones qui veulent percer les petits secrets de la langue française et des habitudes des Français. Sur son site Comme une française.com, Géraldine Lepère propose des vidéos de quelques minutes sur des thèmes très variés, de véritables institutions françaises : commander un café, les viennoiseries, le sirop, le yaourt. Elle explique des expressions idiomatiques comme «ça sent le sapin» ou «manger les pissenlits par la racine» et corrige des erreurs de langage ou de comportement parmi les plus communes chez les anglophones qui découvrent la langue française comme les classiques «je te baise» pour «je t’embrasse» ou «je suis chaud» pour j’ai chaud.  Une de ses leçons est consacrée au sexisme de la langue française et aux malentendus induits par une connaissance approximative du genre des mots. Les exemples ne manquent pas : un chat/une chatte, un entraîneur/une entraîneuse, un cochon/ une cochonne, un maître/ maîtresse, un masseur/une masseuse, etc. Géraldine Lepère a de toute évidence vécu dans d’autres pays que la France ; elle s’exprime dans un anglais courant avec une pointe d’accent français, juste ce qu’il faut pour donner une petite touche d’exotisme et d’authenticité aux leçons.  Ses «élèves» rapportent dans leurs commentaires de truculentes anecdotes comme cet Anglais qui, heureux de faire découvrir une tradition anglaise, expliquait  à un collègue que, «à Noël, en Angleterre, on baise toutes les femmes sous le gui» ou cette Américaine qui a annoncé qu’un de ses parents avait un «cancer du pneu».

    Nous ne sommes pas anglophones et le site de Géraldine Lepère s’adresse en particulier à des anglophones. Toutefois, à suivre quelques-unes de ses leçons, on mesure combien le français que nous parlons ici s’appauvrit de jour en jour : nous perdons lentement mais sûrement l’usage d’une des deux langues officielles du pays sans que cela profite à la langue nationale.  La presse écrite et orale, les textes officiels sans compter les slogans et encarts publicitaires fourmillent de fautes qui ne choquent plus grand monde. Si l’on considère que le parler reflète la manière dont on habite le monde, le monde habité par les Malgaches est de plus en plus étriqué.

    Rien ne sert de pleurer, il faut se retrousser les manches. Nous pourrions nous inspirer de Géraldine Lepère et dépoussiérer les rébarbatives leçons de français qui font bâiller nos élèves.  Nous pourrions aussi livrer quelques secrets de la langue malgache aux rares étrangers qui s’intéressent à notre culture. Parfois,  il est bon de donner pour mieux recevoir.

    Kemba Ranavela

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