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    Chronique : menace sur l’impunité

    Au-delà des reproches qu’on peut faire à la communauté internationale en raison de postures de donneurs de leçons en contradiction avec certaines manœuvres pour la défense d’intérêts cachés, on ne peut lui enlever de receler les ferments d’idées progressistes. C’est dans des pays ayant manifesté des initiatives activement colonisatrices que l’on a entendu les premiers discours véhéments résolument anticolonialistes, pareil pour la lutte contre l’esclavage ou contre les manifestations de racisme. Il n’y a pas à s’en étonner, les pays les plus avancés possèdent les moyens d’entretenir des classes d’intellectuels qui font avancer les idées. Il y a eu déjà un exemple en Amérique latine où un Chef d’Etat a célébré le dernier jour de son mandat par une incarcération dans les geôles de l’Etat dont il était Président la veille. Ne voilà-t-il pas que la justice israélienne vient d’écrouer un personnage de premier plan  Premier ministre voilà quelques mois. Et tout ça sans que l’on puisse soupçonner quelque règlement de comptes extra-légal à la faveur d’une alternance extraconstitutionnelle tel un coup d’Etat.

    A Madagascar on en est loin certes, on se trouve encore dans un système féodal de l’impunité des forts. Un tel régime convient à ceux qui se succèdent au pouvoir, ceci explique en partie que depuis que l’on a fait d’une Haute Cour de Justice (HCJ) une institution l’effectivité tarde. Les éventuels justiciables devant cette juridiction sont ceux-là mêmes qui ont la charge de la mettre en état de fonctionner, comme qui dirait en malgache, « tendre le fusil avec lequel on va vous abattre ». Il arrive pourtant que cette mauvaise volonté qui s’explique se retourne contre soi, Monsieur Marc Ravalomanana ne peut s’en prendre qu’à lui-même, il n’est pas interdit de penser que cette Cour aurait pris un arrêt différent de celui qui l’a condamné adopté par une juridiction dont il décline toujours la compétence tout simplement en soutenant qu’à son titre de Président de la République il n’est justiciable que devant la HCJ.

    Du reste pour tempérer les velléités d’entreprendre des coups de force, il n’est pas interdit d’imaginer comme remède que tous les meneurs d’un coup d’Etat et autres chefs mutins rendent compte devant la HJC un jour ou l’autre. On peut se scandaliser d’entendre des diviseurs d’hier entreprendre aujourd’hui des actions prétendues rassembleuses. A défaut d’une radiation à perpète, l’observation d’une période de purgatoire rendrait un peu de dignité et pactiserait à récupérer un semblant de crédibilité.

    Léo Raz

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