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    Filière miel : absence d’un marché structuré pour l’exportation

    Filière miel : absence d’un marché structuré pour l’exportation

    Frappés d’interdiction d’exporter vers le marché européen depuis 1996, les opérateurs en miel malgaches n’ont pu reprendre leurs activités qu’en 2012, lorsque l’embargo qui frappait le produit a été levé, et que la filière commença peu à peu à se redresser. « Entretemps, certains opérateurs ont pu expédier des quantités faibles vers Maurice. Or, un fois sur place, le miel malgache est réexpédié vers d’autres marchés mais sous label mauricien », a confié Samoelina Rakotomanga, vice-président de la fédération des apiculteurs d’Analamanga. Une grande perte en tout cas pour les apiculteurs malgaches et pour l’économie du pays.

    Selon les statistiques de la Direction générale des douanes de Madagascar sur ITC Trademap, Madagascar exporte principalement son miel vers l’île Maurice, la France, l’Irak et les Comores. En 2015, la Grande île a exporté 54 tonnes de miel, dont 25 tonnes à Maurice, 11 tonnes en France, 9 tonnes en Irak et 5 tonnes aux Comores. Ce qui représente près de 186 000 dollars en valeur d’exportation. Une évolution est constatée par rapport au volume exporté en 2014, soit 17 tonnes.

    Le faible pouvoir d’achat de la population rurale fait que le coût de l’investissement que représentent l’acquisition et l’entretien de ruches modernes dépasse souvent ses possibilités. L’insécurité dans les campagnes, avec les vols fréquents dont les ruches sont les cibles, ne contribue pas non plus à favoriser les investissements. Mais le facteur limitant le plus important est sans doute l’absence d’un marché structuré pour écouler la production. En effet, les professionnels utilisant des techniques avancées sont contraints d’aligner leurs tarifs avec ceux des apiculteurs-cueilleurs.

    Un potentiel peu exploité

    Le seul problème auquel étaient confrontés les apiculteurs de la Grande Île jusqu’à il y a quelques années encore était la fausse teigne, un papillon qui envahit les ruches, faisant fuir les abeilles, et qui impose une surveillance constante et des mesures radicales dès son apparition. Mais depuis 2009, le varroa, un acarien parasite extrêmement nocif, a fait son apparition dans la région Analamanga. A l’heure actuelle aucun traitement connu ne permet son éradication totale, ce qui fait peser un risque grave sur la ressource et impose de sévères mesures de prophylaxie qui représentent un véritable défi pour les autorités sanitaires en charge du secteur, ainsi que pour tous les apiculteurs en général.

    « Pour traiter 25 ruches, un apiculteur doit au moins dépenser 240 mille ariary en pesticides alors qu’un apiculteur professionnel possède jusqu’à plus d’une centaine de ruches », a expliqué Samoelina Rakotomanga. La propagation des maladies a mis à mal la filière dans presque toutes les régions productrices. Dans le Sud-est, à Mananjary par exemple, 95% des ruches ont été dévastées. L’Analamanga commence peu à peu à se redresser.

    Mais l’enjeu en vaut la peine. Il est en effet possible d’obtenir jusqu’à trois récoltes annuelles là où la norme mondiale serait plutôt une seule. Mais ce potentiel reste assez peu exploité. Le manque d’informations sur les techniques d’apiculture, ainsi que les difficultés rencontrées par les apiculteurs pour s’approvisionner en matériel spécialisé en sont les principales raisons.

    Arh.

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