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    Zoky Vonjy sur la vanille : « La réduction de notre part de marché à l’international inquiète »

    Zoky Vonjy sur la vanille : « La réduction de notre part de marché à l’international inquiète »

    Behavana Raveloarivonjy alias Zoky Vonjy député de Madagascar élu à Sambava, évoque la situation de la vanille et l’éventuelle crise qui plane actuellement sur cette filière. L’ancien cultivateur de vanille fait ainsi part de l’inquiétude des cultivateurs de la Sava. Interview.

    Les Nouvelles : On dit que la filière vanille est très mal en point et que la production s’est affaiblie, vous étiez avec les cultivateurs et vous avez assisté au pré-atelier sur la vanille dans la capitale. Quelle est la réalité sur place dans la Sava ?

    Behavana Raveloarivonjy (-) : En vérité, la filière vanille n’est pas très mal en point comme vous l’aviez dit. Ce qui se passe est que la qualité de la vanille que la Sava produit commence à se détériorer et la production est réduite. Plusieurs facteurs entrent en jeu. Il y a d’abord le changement climatique qui a des impacts sur la qualité du sol et sur la qualité des produits. Les cultivateurs de vanille ne sont peut-être pas au fait de la dégradation de l’environnement. Ils sont de loin à l’origine de cette détérioration des conditions climatiques. Pourtant, ils en sont les principales victimes.

    Mais les vols de vanille verte qui n’atteint pas encore la maturité sont également un facteur non négligeable de la dégradation de la qualité de la vanille malgache. Cette insécurité connait une recrudescence hallucinante dans la région Sava, or les cultivateurs bien qu’ils s’organisent pour protéger leurs cultures n’ont pas les moyens adéquats pour faire face aux voleurs bien équipés. S’ils arrivent à mettre la main sur l’un d’entre eux, ils n’ont autre possibilité que de les envoyer devant la justice. A l’origine de ces vols, il y a le marché de vanille verte pour l’extraction de vanilline qui connait également une floraison dépassant l’entendement dans la Sava. Ces problèmes ont, entre autres, été évoqués lors du pré-atelier.

    Quelle solution a-t-on proposée face à cette situation inquiétante ?

    -Il y avait eu plusieurs propositions. Mais pour ma part, je pense que si l’on veut endiguer ce phénomène d’insécurité qui règne dans cette région, il faut faire le nécessaire pour stopper la vente de vanille verte. J’insiste particulièrement sur cette sécurisation car c’est très important dans tous les domaines. Mais l’on a aussi parlé de l’amélioration de la qualité de la vanille, des formations des cultivateurs, notamment par rapport au changement climatique, et de la revalorisation de la filière vanille. Il ne faut pas oublier que la vanille fait partie des produits de rente, pourvoyeurs de devises pour Madagascar et que la Sava est la plus importante zone productrice de vanille du pays. Nous avons aussi évoqué la nécessité d’interdire la pratique du sous-vide.

    Quel est l’impact de cette situation préoccupante au niveau des cultivateurs, sur le social et/ou sur leur économie ?

    -La question n’est pas au niveau social ou économique des cultivateurs. C’est la réduction de notre part de marché à l’international qui inquiète le plus. Parce que la réduction du niveau de la production et la dégradation de la qualité de nos produits affaibliront notre position sur le marché international. La vanille de Madagascar a toujours occupé une place très importante à l’international, les pays producteurs concurrents nous envient beaucoup. Actuellement, à cause de la faible quantité des produits sur le marché, le prix est encore élevé, de 400 à 600 000 ariary le kilo. Et les cultivateurs en tirent encore profit, malgré le taux de production très réduit. Mais pour éviter que le pire ne se produise, il faudra prévenir. C’est la raison pour laquelle un atelier sur la vanille sera organisé à Sambava dans quelques mois, suite à ce pré-atelier dans la capitale.

    Propos recueillis par Vonjy M.

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