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    Madagascar il y a 100 ans : l’ironie des choses (1)

    On nous écrit :

    Avez-vous remarqué, Monsieur, comment la nature se plaît, quelquefois, à contrarier la volonté des hommes, et à rendre inutiles les efforts les mieux combinés ? Le canal, le fameux canal d’Ivondro à Tamatave nous en fournit actuellement un exemple. Les pluies abondantes de ces mois derniers l’ont rendu navigable, ce qui permet aux pirogues de toute dimension d’y circuler librement. Aussi s’en donnent-elles à cœur joie, et glissant ironiquement à la barbe de M. Lebureau, elles viennent ainsi apporter sur notre marché, à bas prix, les produits de toute nature provenant de la vallée de l’Ivondro.

    Pendant de longues années, elles s’étaient abstenues d’y passer, effrayées par les menaces de procès-verbaux, de prison, etc. que, nouveau Croquemitaine, proférait M. Lebureau, brandissant on ne sait quel contrat qui, de fait, n’existait pas.

    Mais M. Lebureau a plus d’une corde à son arc ; il ne veut pas que les produits de l’Ivondro destinés à Tamatave prennent une autre voie que celle du T. C. E. et il y tiendra la main. C’est le To be, or not to be fatidique. Ou ces produits passeront par la voie ferrée, ou ils ne passeront pas du tout et pourriront sur place.

    Or, ironiquement, ils passent par cette voie abhorrée du Tapakala et du Manangareza.

    1. Lebureau n’est pas arrivé à faire entrer dans les « phrènes et métaphrènes de la gibecière de son entendement », comme disait Rabelais, que si Tamatave peut se ravitailler facilement et à bon marché, sa population augmentera et par ce fait fera augmenter le trafic du T. C. E. ; et que si cette population diminue, le contraire se produira.

    De temps en temps, sous la pression des colons qu’il veut ménager, M. Lebureau promet solennellement que la réfection de ce canal sera effectuée sans retard. Mais… il y a toujours un mais, et sous un prétexte quelconque, ce travail est renvoyé aux calendes grecques. Pendant ce temps les colons dorment sous l’orme jusqu’à un nouveau réveil.

    Alors M. Lebureau accouche d’une idée « pharamineuse ».

    Sous prétexte d’assainissement de la plaine, et autres facéties de même nature, il propose de faire passer ce précieux canal au pied des coteaux par Farafate ; vous avez bien lu, par Farafate. C’est comme si on nous proposait, pour nous rendre à la Réunion, de passer par la Chine.

    (À suivre.)

    Le Tamatave

    www.bibliothequemalgache.com

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