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    Madagascar il y a 100 ans : n’exagérons pas

    C’est un peu notre mentalité à nous, Français, d’aller d’un extrême à l’autre, et sans transition.

    C’est ce qui nous arrive pour la race Hova. Avant que les faux-cols et les vestons croisés ne se soient révélés conspirateurs, – bien que conspirateurs simplement de mélodrames, – cette race avait toutes les qualités, elle devait être appelée à administrer le pays conjointement avec nous. Ceux qui émettaient pareilles idées avaient une excuse, c’est qu’ils n’avaient jamais mis les pieds dans une colonie, et ils en parlaient comme les aveugles parlent de couleurs.

    Toutes les administrations, tous les services ont été inondés d’employés Hovas. Ceux-ci ne connaissaient que très imparfaitement le français et, la plupart du temps, ils ignorent totalement la valeur et la signification des mots, sachant à peine lire et écrire, mais pas sans fautes. Malgré cela, dans beaucoup de services, les chefs se déchargent sur eux de la besogne à faire, et combien de passe-droits, combien de dénis de justice n’ont pas été commis grâce à cette confiance exagérée.

    Aujourd’hui, la race Hova, pour ceux qui hier la portaient aux nues, n’est même plus bonne à jeter aux chiens ! Toujours de l’exagération.

    Les Hovas sont cependant, – aujourd’hui comme hier, – la même race, intelligente, souple, malléable, docile, laborieuse, capable de rendre de réels services, mais incapable de se conduire elle-même, et plusieurs générations seront nécessaires avant que sa mentalité ne se rapproche de la nôtre. Mais il faut orienter son éducation de toute autre manière.

    Tournons son esprit vers le commerce, l’industrie, l’agriculture, l’élevage, en un mot, apprenons-lui à mettre en valeur les richesses naturelles et sans nombre que possède ce pays. N’oublions pas que beaucoup d’entre eux ont montré, dans toutes ces branches de l’activité humaine, des aptitudes toutes particulières. Développons leur intelligence vers ces diverses branches par des écoles professionnelles qu’on finit – enfin – par reconnaître indispensables.

    La race affaiblie, épuisée chez les intellectuels, par les privations et les excès dont les vazahas ne leur donnent que trop l’exemple, se reconstituera par l’exercice au grand air, les travaux des champs, des occupations saines, et c’est

    là un des plus grands services que nous puissions leur rendre.

    Le Tamatave

    www.bibliothequemalgache.com

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