Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!
Flash
    Préc Suiv

    Chronique : grands de ce monde, si vous voulez la paix, mettez-nous au vert

    Il y a chaque année deux ou trois fins de semaine très particulières dans nos villes : communion dans une joyeuse sobriété le dimanche suivie de chaleureuses démonstrations de convivialité festive le lundi, très souvent autour d’un pique-nique familial. Ce lundi de Pâques n’a pas dérogé à la règle : jour de sortie familiale, à la campagne – pour ceux qui le pouvaient – et sur les quelques pelouses de nos villes pour les autres, les plus nombreux. Toujours plus nombreux. En fin de matinée, les pelouses publiques étaient littéralement assaillies par des citadins qui se battaient un carré de verdure. Aux ripailles se sont ajoutés des concerts pour faire de ce jour férié une journée récréative très appréciée. C’est désormais une tradition bien établie dans notre calendrier. Les pique-niques des lundis fériés sont le prélude à un exutoire populaire bien mérité. Deux ou trois fois dans l’année, ce n’est pas une mauvaise idée pour vivre avec plus ou moins de sérénité dans un pays où on ne sait vraiment pas de quoi demain sera fait.

    Dans notre capitale, longtemps ville à la campagne ou campagne à la ville, on compte seulement deux espaces verts : dessinés pour une petite bourgade endormie, ils doivent satisfaire aujourd’hui les besoins en pelouses publiques d’une cité qui compte, dans le « grand Tana », plusieurs millions d’habitants. Un parc et un jardin publics, cela fait peu de possibilités pour un exutoire paisible. On comprend que les trottoirs remplissent un rôle pour lequel ils n’ont pas été conçus.

    Proposer des espaces verts aux citadins n’a semble-t-il jamais fait partie des priorités de nos édiles et de nos décideurs. Et cela peut se comprendre : aménager le territoire pour le bien-être de ses concitoyens, c’est une bien jolie formule que l’on peut entendre de plusieurs façons. Construire des routes ? Cela tombe sous le sens. Moderniser les marchés et les lavoirs publics ? C’est l’évidence. Dessiner des espaces végétalisés pour offrir à tous les habitants des lieux où se détendre ? Voilà qui est plus complexe quand on a pris l’habitude de vivre les uns à côté des autres sans vouloir partager les responsabilités -et les agréments- d’un espace commun à tous. Il faut croire que les édiles et les décideurs sont comme tout le monde et qu’ils préfèrent profiter de leur jardin privatif en toute intimité.

    La question des espaces verts dans les villes paraît anecdotique tant le pays croule sous les priorités. Pourtant, mesdames et messieurs les édiles, pour faire face aux débordements qui s’invitent régulièrement au royaume des crises chroniques, il existe un remède intéressant : multiplier les lieux de détente pour un exutoire paisible et régulier.

    Kemba Ranavela

    Les commentaires sont fermées.