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    De la culture au développement : le chemin est encore long

    De la culture au développement  : le chemin est encore long

    L’association des anciens de l’Ena à Madagascar (AAENA) a organisé une conférence, hier à l’Institut français de Madagascar (IFM), sur le thème « Politique culturelle et développement ». Trois intervenants ont livré leurs points de vue pour en arriver à la même conclusion : la culture et le développement ont des liens étroits inexploités.

    Madagascar est un pays riche. Sa culture est très diversifiée et son patrimoine très chargé. Le pays a également de nombreux artistes talentueux… Mais à Madagascar, la culture est aussi le domaine le moins valorisé. Ailleurs, les pays développés préservent jalousement leur culture puisqu’ils en connaissent exactement la valeur et surtout le potentiel vu leurs liens étroits avec le développement d’un pays.

    Un budget insuffisant

    Elia Ravelomanantsoa, l’ancienne ministre de la Culture a ainsi relevé quelques points concernant cette dévalorisation de la culture au pays. « Dans le budget annuel de l’Etat, le ministère de la Culture se voit chaque fois octroyer le minimum, ce qui ne lui permet pas de développer correctement des projets. Pour faire face à ce problème, nous avons mené une sorte de lobbying auprès du ministère des Finances en matière de mécénat, c’est-à-dire, un système qui permet d’aider et de promouvoir les arts et les artistes. Mais, nous n’avons eu aucune réponse », a-t-elle révélé.

    Des évènements pour la valorisation de l’art

    Ainsi, au fil du temps, certains artistes ou opérateurs culturels n’attendent plus rien de l’Etat, ce qui fait que les opérateurs et autres promoteurs culturels ont été obligés de se lancer dans un combat acharné pour pouvoir réaliser leurs projets. Heureusement qu’on peut se réjouir de l’existence de plusieurs manifestations permettant de donner une libre expression à la culture et d’offrir une scène aux artistes, tels que le festival Donia, Madajazzcar, les RFC… « A travers ces évènements, les opérateurs économiques sont boostés, surtout ceux qui œuvrent dans le tourisme. Un festival international permet par exemple de promouvoir la Grande île à l’étranger. En plus, des journalistes étrangers viennent couvrir l’évènement et donnent au pays une visibilité mondiale, incitant ainsi les touristes culturels à visiter Madagascar », a expliqué Denis Bisson, directeur délégué de l’IFM et l’un des intervenants de la conférence.

    Le patrimoine mal exploité

    Mais le patrimoine, qu’il soit terrestre ou submarin, est aussi concerné par ce problème. « Seulement 7% de notre patrimoine ont été répertoriés. Mais le souci majeur reste les pillages dont il est victime », a poursuivi Elia Ravelomanantsoa. Quant à Désiré Razafindrazaka, en tant que président de l’association des Amis du patrimoine malgache (APM), il a souligné qu’il est donc crucial de renforcer les capacités des acteurs de la préservation du patrimoine, ainsi que les infrastructures dont la plupart se trouve dans un état déplorable. « A part les divers conflits entre les collectivités telles que les communes et le ministère, le manque de moyens financiers, d’autres facteurs ruinent aussi le secteur. On peut citer par exemple ces guides charlatans qui connaissent mal l’histoire du pays quitte à la dénaturer », a-t-il conclu.

    Holy Danielle

     

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