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    Chronique : de l’art d’être moderne

    Souvenez-vous du jour où vous avez récupéré votre carte d’identité en échange d’un reçu (ridicule petit papier que vous avez confondu avec une étiquette de prix). Autrefois, quand nous ne rêvions pas encore de modernité, on vous enjoignait de plastifier le petit rectangle de carton pour le protéger. Désormais, c’est une carte d’identité plastifiée que l’on vous remet. Vous avez eu de la chance : votre nom n’a pas été estropié et seuls deux des douze chiffres du numéro de carte ont été grattés à la lame de rasoir. En sortant du bureau central, perdu milieu des baraques des marchands de bois d’un des quartiers les plus difficiles de la capitale, vous avez regardé votre précieux sésame en espérant que les patrouilles de gendarmes ne se montrent pas trop zélés quand vous sortez le soir…

    Moderne aussi le permis de conduire biométrique ! Après avoir pris un de vos comprimés préférés pour prévenir les inévitables maux de tête qui suivront votre aventure au faritany, vous vous êtes armé de courage pour affronter la cohue. Rien de très original et presque aussi agréable que l’achat d’un ticket de transport à l’une de nos inénarrables gares routières. Prévoyant, vous avez pris votre demi-journée pour abandonner votre vieux permis et entrer avec joie dans l’ère des papiers infalsifiables. Pour passer le temps, vous sortez votre téléphone portable, très utile joujou à vos heures perdues. Comment faisait-on pour supporter ces longues attentes avant que n’apparaisse ce formidable outil ? Croisez les doigts en souhaitant que cette nouvelle version du permis dure un peu plus que ce durent les roses.

    Moderne toujours le passeport électronique qui a remplacé le trop archaïque passeport biométrique ; ce dernier aura régné quelques années, trop brèves sans doute, paix à son âme, mais on ne peut pas grand-chose contre la marche forcée vers la modernité. C’est pour notre bien. Ah, l’expression « ce n’est qu’une formalité » prendra enfin tout son sens à la police des frontières ! Deux précautions valent mieux qu’une, affirme l’adage que l’on connaît bien dans les bureaux. On ne renonce pas si facilement aux formulaires en trois exemplaires et au papier carbone. C’est aussi une preuve de grande sagesse : votre passeport électronique est de belle facture mais en cas de panne informatique, le papier et le stylo n’ont pas de rival. Vous n’y aviez pas pensé…

    Etre moderne, c’est tout un art, que nous pratiquons avec plus ou moins de bonheur. Les outils proposés par le monde moderne peuvent faciliter beaucoup de choses. Ils mettent aussi en lumière des situations que nous trouvions pittoresques et nous paraissent aujourd’hui ridiculement absurdes.

    Kemba Ranavela

     

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