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    Madagascar il y a 100 ans : contes et légendes bara (3)

    III. – Le Rat et le Chat (Troisième version)

    (Suite.)

    Le traître avait souvent proposé à son amie d’abandonner le toit conjugal pour venir habiter définitivement avec lui. Celle-ci avait toujours refusé ; mais, de retour chez elle, elle ne manquait pas de répéter à son mari qu’elle aimait les propos injurieux du Chat : ce qui avivait encore le ressentiment du Rongeur.

    Un jour, le Rat se décida à employer un subterfuge pour arriver à ses fins : il se rendit chez le félin, sous le prétexte de lui faire une visite d’amitié. Au cours de la conversation, après avoir causé de choses et d’autres, il dit au Chat : « Ami, j’ai un secret à te confier ; mais il faut me promettre de n’en parler à personne. » Le Chat jura. « J’ai appris, continua le Rat, une formule merveilleuse qui a le pouvoir de protéger celui qui l’emploie contre les atteintes du feu : je suis prêt à te la faire connaître et à l’expérimenter devant toi, si tu veux. » – « J’accepte volontiers », dit le Chat. Et tous deux sortirent de la maison, cherchant dans la campagne un endroit favorable à l’expérience. Quelques minutes après, le Rat désigna un tas de broussailles non loin de là, et offrit au Chat de lui prouver immédiatement l’efficacité de son procédé. Sur le consentement de son ami, le Rat s’engagea prestement au milieu des broussailles et dit au Chat de faire un cercle de flammes en mettant le feu tout autour. Pendant que le Chat était occupé à cette besogne, subrepticement le Rat avait creusé un terrier dans lequel il s’était blotti, bien à l’abri des flammes. Lorsque les bois et les feuilles furent consumés, et les cendres refroidies, le Rat sortit de son trou, sain et sauf, devant le Chat émerveillé. Celui-ci, enthousiasmé, voulut aussi tenter l’expérience. Il se plaça dans une touffe d’herbes voisine à laquelle le Rat mit le feu sur l’ordre de son ami. Le Chat fut étouffé par la fumée et entièrement brûlé, bien qu’il eût soufflé de toutes ses forces pour éteindre les flammes.

    Quand le brasier fut éteint, le Rat retira des cendres le cadavre du Chat et se mit à manger avec appétit la chair grillée de son ennemi. Lorsqu’il fut repu, il emporta le reste de la viande chez lui.

    (À suivre.)

    Bulletin de l’Académie malgache

    www.bibliothequemalgache.com

     

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