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    Reflet de la semaine – Dossier : un gouvernement de campagne présidentielle

    Reflet de la semaine – Dossier : un gouvernement de campagne présidentielle

    Tout porte à croire que ce remaniement est le dernier avant l’élection présidentielle de 2018. Un gouvernement de combat annonce-t-on alors que sur le fond et sur la forme, on dirait un gouvernement de campagne présidentielle. Devant cette qualification qui reste encore au centre de l’actualité, le Premier ministre, Olivier Mahafaly, tente de rassurer l’opinion publique et de se justifier auprès des politiques qu’il est juste nommé à ce poste pour sortir Madagascar de l’ornière. Le développement est une chose, l’élection en est une autre.

    Le combat électif est engagé !

    Certains le sentaient venir. A moins des deux ans de la présidentielle, prévue en 2018, le président de la République n’allait pas chercher loin quant à la personne qui allait remplacer Jean Ravelonarivo. Ce n’est pas parce qu’il n’y avait pas eu d’embarras de choix vu le profil requis au poste de Premier ministre, d’ailleurs, la présidence a reçu pas mal de CV à ce sujet, mais il faut voir loin et préparer, en quelque sorte ,dès maintenant l’avenir de l’équipe et du parti.

    Il ne s’agit pas d’une question de compétence, mais d’une personne de confiance. Quelqu’un qui pourrait mener l’équipe vers un deuxième mandat. Quelqu’un qui, malgré son poste, ne risque pas de tourner casaque et pis encore, de tenir tête à Hery Rajaonarimampianina. En un mot, quelqu’un qui ne ressemble pas du tout à Jean Ravelonarivo. Au début, dans le dessein de mener vraiment un grand changement, signe de développement, le profil d’ un jeune intellectuel, plein d’ ambition et de détermination, a fait débat. Les noms de l’ancien ministre de l’Environnement, Beboarimisa Ravala et du président du Fivpama, Erick Rajaonary ont été cités. Mais très vite, tout le monde s’est rendu compte que le nouveau PM ne sera jamais l’un des deux.

    La meilleure option

    L’idée d’un gouvernement des techniciens n’a jamais été évoquée et il n’y aucune chance pour que cela se produise un jour, plus précisément avant 2018. Quant au gouvernement de cohabitation, c’est à éviter à tout prix. Un Premier ministre nommé par le «groupement majoritaire, selon l’article 54 de la Constitution» est une menace pour le régime et le parti. Et comme les principaux opposants ont déjà fait savoir leur position, un gouvernement d’ ouverture n’a pas non plus fait son chemin. La seule option qui convient au mieux au régime, est le gouvernement de complaisance présidentielle, un gouvernement politique et de campagne selon l’ opinion publique.

    A ce sujet également, plusieurs noms ont fait bruit dans les coulisses. Certains ont pensé à Rivo Rakotovao, ministre d’Etat en charge des projets présidentiels. Fréquemment, « aux prises» avec Marc Ravalomanana, l’ ancien ministre d’Etat semble être l’homme qu’il faut pour limiter ses marches de manœuvre à l’ancien président de la République qui a déjà annoncé sa candidature pour 2018. Mais grande fut la surprise en entendant qu’il est transféré à la tête du ministère de l’Elevage. Alors pour mener à bien ce combat électoral, il n’y a rien de mieux que de confier Mahazoarivo à une personne «expérimentée» en la matière.

    Malgré les virulentes critiques sur les précédentes élections, sans parler des dossiers qui commencent à faire couler beaucoup d’encre, à propos d’un détournement de fonds publics, Olivier Solonandrasana Mahafaly, ministre de l’Intérieur reste à sa place et cerise sur le gâteau, il est aussi nommé Premier ministre. Un cumul de pouvoirs au sens propre et ce n’est pas n’importe lesquels. Pour les politiques, c’ est clair comme l’eau de roche, le régime actuel met déjà tous les atouts en sa faveur en vue de l’élection présidentielle de 2018.

    Des têtes bien connues

    Même s’il y a quelques nouvelles têtes au sein du gouvernement Mahafaly, d’ une vision générale, il ne reflète pas vraiment cette aire de changement et encore moins de nouveauté. Comme si on a juste interchangé les postes et empéché les anciens visages à réintégrer le nouveau gouvernement. Après avoir été ministre de la Culture en 2005 du temps de Ravalomanana, Jean-Jacques Rabenirina ,dont on ne sait plus exactement son appartenance politique à l’heure actuelle, retrouve son fauteuil d’ avant.

    Quant à Roland Ravatomanga qui n’a pas caché sa couleur Tim, il a également fait partie des transférés. Ce dernier a laissé l’Elevage à Rivo Rakotovao pour caracoler en tête du ministère de l’ Eau. Roland Ratsiraka n’a pas été non plus laissé pour compte, malgré les remarques défavorables du président de la République à son égard du temps où il a été ministre des Travaux publics. A vrai dire, l’opinion publique a cru qu’il serait le premier sur la liste des ministres Ravelonarivo à limoger, mais la politique a ses secrets que l’homme de la foule ne connaît pas. Roland Ratsiraka a remplacé Ulrich Andriatiana au ministère du Tourisme qui est maintenant séparé avec le Transport, sous l’égide d’un autre revenant, Benjamina Ramanantsoa. Sous cette optique, tout le monde parle maintenant d’un gouvernement d’anciens combattants. On a l’impression qu’on repasse le même disque.

    Ministre de l’Eau, de la Santé et de…bois de rose

    Question pour un champion. Avant sa nomination au ministère de l’Environnement, quels sont les autres départements déjà sous la charge du ministre Johanita Ndahimananjara ? Ce n’est pas difficile, mais à titre de rappel, il s’agit des ministères de la Santé au sein du gouvernement Beriziky durant la Transition en 2011, puis de l’Eau du temps gouvernement Kolo Roger et Jean Ravelonarivo de la 4è République et maintenant de l’Environnement au sein du gouvernement d’Olivier Mahafaly. Pour un record imbattable en terme de longévité et de variétés de poste occupé, c’en est vraiment un.

    De l’eau a coulé sous le pont, mais la sècheresse reste un fléau à combattre dans le Sud si dans d’autres régions, l’accès à l’eau potable se fait au compte-goutte. En matière de santé, beaucoup restent à faire pour dire que des efforts ont été entrepris, malgré les grognes et les plaintes des Malgaches qui paient les prix forts pour se faire soigner au sein même des hôpitaux publics. Le soin gratuit n’a été qu’un vain mot.

    Heureusement pour le ministre Johanita qu’elle a hérité d’un travail à moitié accompli par son prédécesseur. Par contre, le «beaucoup restent à faire» dans ce domaine a tout son sens vu que l’affaire est suivie de très près par la Communauté internationale. En parlant de l’assainissement de la filière bois de rose, plus d’un a beau essayer durant la Transition puis tout au long de 4è République. Mais sept ans après 2009, l’inventaire continue au même temps que le trafic illicite.

    Mais maintenant qu’il s’ agit d’un véritable combat contre le trafic illicite des ressources naturelles, en particulier les bois de rose, plus d’un s’attend à ce que le ministre fasse bien le ménage au lieu d’être commandé à distance pour les intérêts de quelques -uns et de travailler vraiment de concert avec le Bianco. Donner une liberté provisoire aux présumés trafiquants, aux gros bonnets et classer les dossiers, sans suite, ne devraient plus faire partie de la continuité de l’ Etat. Reste à savoir si Johanita Ndahimananjara a vraiment carte blanche, loin de la pression venant de partout pour mettre en place ce fameux Tribunal spécial.

    Page réalisée par S.R

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