Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!
Flash
    Préc Suiv

    Madagascar il y a 100 ans : contes et légendes bara (6)

    VIII. – Le Caïman et le Chien

    (Suite.)

    Le Chien proposa alors au Caïman de faire le fatidra (serment du sang), mais avec l’arrière-pensée de manger les enfants de son nouvel ami. On procéda à la cérémonie et les deux compagnons devinrent frères de sang.

    Le fatidra accompli, le Chien dit au Caïman : « Fais monter ici ta femme et tes enfants, car je vous invite tous à prendre part à un grand festin. » Le Caïman accepta et alla prévenir sa famille. Quand le Saurien et les siens furent arrivés, on servit le repas, mais, au moment de se mettre à table, le Chien fit cette recommandation aux convives : « Quand vous entendrez mes aboiements, il vous faudra fuir en toute hâte, car ce sera le signal qui vous préviendra de l’approche des hommes ou des ennemis qui en veulent à votre vie. » Le Caïman acquiesça, ainsi que sa femme et ses enfants.

    Pendant le dîner, avant même qu’on eût mangé la moitié des victuailles, le Chien se mit à aboyer : le Caïman s’enfuit, suivi de sa famille. Le Chien, lui, se mit à la poursuite des enfants du Caïman qui n’allaient pas aussi vite que leurs parents, et, les ayant pris, les dévora à belles dents.

    Mais la mère Caïman avait vu le manège du Chien parjure : arrivée chez elle, elle réunit les Caïmans et leur tint ce discours : « Caïmans, si vous ne trouvez pas les moyens de détruire le Chien, vous ne pourrez plus vivre dans l’eau, tant qu’il vivra, car il a violé le fatidra et continuera ses méfaits contre nous et nos descendants. » –

    « Tu as raison, il faut détruire le chien, » approuvèrent les enfants et parents du Caïman, à l’exception d’un jeune Caïman qui était d’opinion contraire, et qui, ne voulant pas manger le Chien, refusa de suivre la prudente recommandation de la mère Caïman. Celle-ci lui dit alors : « Puisque tu n’es pas de notre avis et que tu t’opposes à ma décision, tu ne peux plus vivre dans l’eau avec nous : monte sur la terre ferme où tu résideras désormais. »

    C’est ainsi qu’un des petits du Caïman habita la terre, ses descendants portant depuis le nom de Sitry1.

    De là le dicton : Si vous voulez être Caïman, vivez dans l’eau, habitez la terre pour devenir Sitry.

    (À suivre.)

    Bulletin de l’Académie malgache

    www.bibliothequemalgache.com

     

    Les commentaires sont fermées.