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    Liberté d’expressions : le Président face à ses responsabilités

    Liberté d’expressions : le Président face à ses responsabilités

    Dernier recours. Les journalistes ont adressé une lettre ouverte au chef de l’Etat lui demandant de revenir sur le texte liberticide. Cette lettre fait référence à l’article 59 de la Constitution qui donne trois semaines au chef de l’Etat pour faire une nouvelle délibération avant de promulguer la loi.

    La lettre est adressée au chef de l’Etat mardi dernier, les journalistes membres du Mouvement pour la liberté d’expression l’ont présentée hier lors d’une conférence de presse  au centre de presse à Antsakaviro. Elle demande au chef de l’Etat de ne pas apposer sa signature sur une loi liberticide sur laquelle l’histoire ne manquera pas de le juger et d’apporter éventuellement les amendements nécessaires.

    Article 59 de la Constitution

    Pour appuyer leur demande, les journalistes se réfèrent à l’article 59 de la Constitution stipulant que, «Le Président de la République promulgue les lois dans les trois semaines qui suivent la transmission par l’Assemblée Nationale de la loi définitivement adoptée. Avant l’expiration de ce délai, le Président de la République peut demander au Parlement une nouvelle délibération de la loi ou de certains de ses articles. Cette nouvelle délibération ne peut être refusée».

    Hier, les porte-parole des journalistes réunis à Antsakaviro indiquent qu’il  s’agit d’un ultime recours puisqu’il a été adressé au sommet de la hiérarchie, notamment auprès du Président de la République. Ce dernier dispose de trois semaines à compter de la présentation du texte adopté par les parlementaires pour user de cette prérogative.

    Cette lettre rappelle au chef de l’Etat sa récente déclaration de sa «disponibilité au dialogue en vue d’améliorer le texte sur le projet de code de la Communication». Les leaders du mouvement s’attendent ainsi à une rencontre avec le chef de l’Etat pour, entre autres, «un débat dépassionné sur la question des amendes et la qualification en matière de délit de presse».

    Garant de la stabilité et de l’unité nationale

    Etant garant de la stabilité et de l’unité nationale, cette interpellation des journalistes met le Chef de l’Etat devant ses responsabilités, car il a l’obligation d’apporter l’apaisement dans le pays, après notamment les remous causés par l’adoption controversée de ce texte liberticide au niveau des deux chambres parlementaires.

    Plusieurs organismes se sont d’ailleurs déjà prononcés sur le sujet pour ne citer que Reporters sans frontières (RSF) ou encore l’Union internationale de la presse francophone (UPF).Ils condamnent à l’unanimité l’adoption de ce texte

    Reculer pour mieux sauter

    La lettre énumère, entre autres, les  menaces pour la liberté d’expression dans le texte.  La question de l’inconstitutionnalité du monopole public dans la couverture nationale audiovisuelle ne peut qu’être posée dans la mesure où notre Constitution garantit l’égalité de tous devant la loi. Il en est de même pour les documents administratifs.

    «Nous ne pouvons qu’exprimer nos inquiétudes et notre incompréhension lorsqu’une loi érige l’omerta sur les documents administratifs alors que la Constitution consacre le principe de la bonne gouvernance dans la conduite des affaires publiques», poursuivent  les journalistes qui attendent que la HCC statue sur l’inconstitutionnalité du texte.

    Depuis l’échec de la marche pacifique des militants pour la liberté d’expression, le mouvement a pris un certain recul puisque les manifestations semblent avoir été suspendues, avec la transmission de la radio miara-manonja. Les leaders du mouvement expliquent cependant qu’il ne s’agit que d’une stratégie pour que la lutte soit menée à terme. En attendant la réponse du chef de l’Etat, les journalistes se sont rendus à Soamahamanina mercredi dernier pour effectuer un reportage sur l’exploitation minière par une société chinoise. L’initiative a été, sans surprise, bloquée par les forces de l’ordre.

    Tahina Navalona

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