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    Anandra Norbert : la sécurité est l’affaire de tous

    Anandra Norbert : la sécurité est l’affaire de tous

    L’actuel ministre de la sécurité Publique, Anandra Norbert,  exprime sans concession la situation sécuritaire dans le pays. Il souligne qu’on peut obtenir des résultats positifs quand les responsables hiérarchiques arrivent à créer une vraie culture de résultat et  d’esprit d’équipe. Interview.

    *Les Nouvelles : Depuis un certain temps, la question sécuritaire devient un sujet très préoccupant et hypothèque l’ensemble des compartiments de la vie nationale. Quelle analyse vous  avancez sur l’ensemble de la situation en tant que Ministre Chargé de la sécurité intérieure.

    -Anandra Norbert: Quand il s’agit des affaires nationales, il faut voir les choses dans sa globalité car tout s’enchaîne et s’enchevêtre pour que la situation soit telle qu’elle est actuellement. C’est vrai, l’insécurité est un fléau mais elle est  à la fois la conséquence et la cause d’une multitude de faits qui s’enchaînent. L’insécurité est de ce fait  un seul maillon dans cette situation de fragilité. Il y eut cette instabilité politique de la transition dont les séquelles sont encore ressenties très fortement actuellement car cette crise a gangrené l’ensemble des compartiments de la vie nationale et nous avons toute la difficulté du monde pour sortir de cette longue crise.

    *Beaucoup disent que le régime actuel est défaillant en matière de sécurité…

    -Je dois vous dire que si c’était quelqu’un d’autre qui est à la place du Président de la République actuel, les difficultés seraient toujours les mêmes. Il ne suffit pas d’élire un Président de la République pour effacer d’un coup de bâton magique l’insécurité dans le «deep south», le kidnapping, les viols, le grand banditisme, les attaques à main armée  qui ont connu leur développement et leur croissance en nombre durant la longue crise de  plus de cinq ans lors de la transition.

    *Et pourtant vous devez assumer votre responsabilité…

    -Cette explication ne veut pas du tout dire que nous jetons la responsabilité sur les autres mais simplement pour faire comprendre que quand on parle d’une situation donnée, il faut l’analyser d’une manière objective.

    * Le rôle du Régime actuel est de redresser rapidement  cette situation  mais les résultats tardent à venir quand on parle par exemple de ce volet insécurité ?

    -On peut connaître les différentes formes de manifestation de l’insécurité mais on ne peut jamais déterminer d’une manière précise les causes de ce phénomène. N’importe quels faits sociaux, économiques ou politiques sont des causes potentielles d’insécurité et c’est la raison pour laquelle, il est  impossible d’avoir un niveau zéro de ce phénomène.

    *Les moyens humain et matériel sont-ils suffisants ?

    -C’est vrai qu’il existe, dans le pays en voie de développement comme le nôtre un manque criant d’effectif et de matériel mais n’empêche qu’ on arrive toujours à avoir des résultats  très positifs. Sur une population globale de 22 millions d’habitants, nous n’avons que 8 000 policiers soit à peu près  un policier pour 2750 habitants. Pour avoir une idée claire sur cette insuffisance d’effectif, sachez que dans les pays dits développés la moyenne tolérable est de un policier pour 350 habitants. Néanmoins, pour nous ce sont les stratégies, l’organisation, les techniques d’approche, la célérité dans  la circulation des informations et des renseignements, l’esprit d’équipe et l’intégration de la  communauté de base dans cette stratégie globale qui comblent les vides laissés par cette insuffisance d’effectif. C’est de cette façon que nous avons  nettoyé les différentes villes et quartiers qualifés de zone rouge comme Toamasina qui a été le théâtre de kidnappings, assassinats et attaques à main armée en série. Les actions des foroches à Antsiranana et dans d’autres villes de Diana ont aussi diminué d’une manière substantielle. La capitale a connu depuis ce deuxième trimestre une diminution nette des nombres de vols avec effractions et des attaques à main armée par rapport à l’année dernière et au premier trimestre de cette année.

    *Comment on est arrivé à un tel résultat ?

    -Le premier et principal facteur pour réussir est d’abord l’homme. Le travail d’un policier est une vocation mais n’est pas un simple métier. Chaque jour, nous sommes exposés à des risques très élevés  mais nous arrivons à notre lieu de travail comme si de rien n’était. Nous vivons un monde à part avec nos secrets professionnels et nos stratégies mais nous sommes condamnés aussi à collaborer avec d’autres entités professionnelles et la population (…). Mon rôle en tant que premier responsable  est de   créer cette culture de solidarité, de positivisme, de cet amour de servir la nation et le peuple, de cet esprit d’équipe, de se surpasser et d’aller toujours de l’avant, de surmonter les obstacles, d’oublier très vite les erreurs et de les corriger.

    Il y a ensuite cet effort considérable de l’Etat pour  nous doter de matériel roulant qui nous permette d’être présent continuellement dans les différents points sensibles des différentes villes de Madagascar. Cette présence très dissuasive est parmi les facteurs déterminants de la baisse des actes criminels. Enfin, il y a ce vrai talent de notre personnel que je dois mentionner spécialement. A Madagascar, nous sommes très loin des matériel sophistiqués issus des technologies de pointe en matière des recherche  criminelles et de renseignements mais n’avons pas à rougir de nos résultats.

    * N’empêche que la police est quelquefois très critiquée. Il existe même des agents de la police qui sont  cités dans des actes de banditisme.

    -Nous avons nos corps spécialisés comme le Sag ou la UIR. Nous avons nos équipes mobiles qui veillent 24/24 sur  les différents points chauds des différentes villes. Nous avons nos policiers en civil qui sillonnent les marchés et les différents points de rassemblement quotidien de la population. Mais on ne pourra jamais arriver à un niveau zéro de la criminalité. La sécurité est l’affaire de tous. Nous avons incité la population à oser donner des informations  quand il  le faut (…).

    *Malheureusement…

    -Malheureusement comme vous dites, il existe toujours des exceptions auxquelles nous sommes obligés de prendre des mesures drastiques pour que le nom de la police nationale ne soit pas salie par ces brebis galeuses. Je tiens d’ailleurs à remercier vivement ces policiers tous grades confondus, ces corps d’élite spécialisés, ces différents responsables hiérarchiques, ces écoles qui les ont formés tous de leur volonté de servir le peuple et la Nation malgré les différents problèmes rencontrés chaque jour.

    Propos recueillis par J.P

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