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    Se tromper de cible

    Se tromper de cible

    Les juges d’Ambohidahy n’étaient sûrement pas au courant, espérons que c’est le cas, mais la presse malgache fête ses cent cinquante piges d’existence cette année. Née dans un contexte particulier, elle a passé la majorité de sa vie dans un environnement hostile dont le point d’orgue est le militantisme durant la période coloniale. Ce militantisme s’est ancré dans les « mœurs » des médias au grand dam des dirigeants qui se sont succédé. Pour comprendre l’environnement médiatique malgache, il faut donc revenir à ses fondements qui font des médias ceux qu’ils sont actuellement. Et ce n’est pas à coup de décrets et de lois que cela changera.

    Les législateurs ont donc beau inventer des artifices à l’encontre de la liberté d’expression, ils n’arriveront pas à modifier notre liberté de pensée. Il se pourrait que, si l’on en croît l’esprit naïve à l’initiative de ce code de communication biaisé, la presse ne dira plus tout haut ce que la majorité pensera tout bas. Cela ne changera cependant pas à la vision des citoyens du pouvoir en place, quel qu’il soit. Quand un régime est défaillant, c’est qu’il n’arrive pas à répondre à l’aspiration de sa population. Rien de plus.

    Cela dit, si les responsables étatiques actuels pensent que ce Code, dans sa forme actuelle, modifiera la perception de la population malgache à leur égard ou que cela transformera miraculeusement le bilan des deux ans et demi de leur exercice de pouvoir, c’est qu’ils font irrémédiablement fausse route. Mieux, les critiques, les moqueries et les diatribes continueront face à des pitreries d’en haut. Oui, des débordements existent certes, mais ce n’est certainement pas en se trompant de cible et en mettant dans un même panier le monde des médias que le pouvoir politique fera évoluer le pouvoir médiatique. Pour paraphraser George Orwell, « Parler de liberté n’a de sens qu’à condition que ce soit la liberté de dire aux gens ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre ».

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