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    Transport : taximan, un métier en déclin

    Ra-Zeze, la cinquantaine, est un taximan. Marié et père de 3 enfants, il a derrière lui 26 ans de métier. Selon lui, être chauffeur de taxi actuellement n’est plus qu’une question de survie. Interview.

    Les Nouvelles (*) : Depuis quand avez-vous constaté que le métier a commencé à dépérir ?

    Ra-Zeze (-) : Depuis la crise de 2002, mais le pire a été en 2009. Non seulement les pouvoirs d’achat des gens ont chuté mais des chômeurs affectés par cette crise ont grossi nos rangs. La majorité d’entre eux sont des chauffeurs propriétaires. Ils sont ainsi des adversaires redoutables, car ils n’ont pas de location à verser quotidiennement, d’ailleurs, au début, ils ont exercé quasiment dans la clandestinité. Depuis ce temps, notre effectif n’a cessé d’augmenter jusqu’ici, engendrant une rude concurrence.

    (*) : Pourquoi persistez-vous donc à faire ce métier ?

    (-) : Avec presque une trentaine d’années de ce métier derrière moi et surtout à mon âge, je ne vois plus d_autres activités à adopter. Heureusement que mes deux premiers fils travaillent et ont chacun leur foyer. Ils sont tous deux des sortants de l’université, ma fierté. Même la benjamine est en deuxième année de gestion. C’est pour vous dire qu’auparavant, même avec le métier de taximan, j’ai réussi à faire suivre de bonnes études à mes enfants, notamment dans des écoles confessionnelles pour avoir une bonne base. Ils n’ont jamais été dans des établissements publics. Mais, je me demande s’ils auraient eu le même privilège actuellement.

    (*) : Comment faites-vous donc pour vous adapter à la situation actuelle ?

    (-) : En premier lieu, savoir choisir un patron compréhensif qui a en même temps une bonne voiture présentable sur tous les points. Cela aussi bien à l’intérieur, au niveau du moteur et des suspensions, qu’à l’extérieur, notamment sur le capitonnage et l’équipement électrique. D’ailleurs, avec cette rude concurrence, tous les patrons, si ce sont des vrais, savent ces critères s’ils veulent employer de vrais taximen et investir à long terme.  Prendre soin ensuite de cette voiture comme si elle m’appartenait pour garder le plus longtemps possible son état actuel. Ce qui rend aussi la confiance des « proprios ».

    (*) : Et pour chasser les clients ?

    (-) : Ne pas être trop gourmand et entretenir une bonne relation avec les clients en les servant bien. Comme les accompagner jusqu’à leur maison en les aidant à porter leurs bagages. Il faut savoir stationner dans un bon endroit au bon moment, les acquis de plusieurs années d’expériences. Il ne faut pas oublier aussi d’anticiper sur les trajets, quitte à faire un long détour s’il le faut. Car, il n’y a de plus exaspérant pour un client que d’être bloqué dans un embouteillage. Il y a d’autres astuces, mais ce sont au moins les bases.

    Propos recueillis par Sera R

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