Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!
Flash
    Préc Suiv

    Pérégrinations hebdomadaires

    Spectacle de cirque à Antananarivo ! Dès l’annonce, une  partie de l’opinion blasée tente de snober l’événement, prétendant ne pas y trouver intérêt sous prétexte que dans le genre la classe politique en produit suffisamment. Il n’est pas faux de qualifier de cirque l’ensemble des pitreries déroulées au quotidien, fort  heureusement le vrai cirque offre un spectacle d’un tout autre genre, plus récréatif et de ça le public en a besoin, moins affligeant que celui dont la population est saturée. La seule réserve que l’on pourrait émettre avant d’en connaitre les tarifs anticipe sur le prix des billets, de ça il n’y a pas à se surprendre. Dans les pays de pauvreté banale, parmi lesquels on classe Madagascar sans risque de se tromper à condition de ne pas chercher à y trouver justification de toutes les privations, le gros de la masse n’a accès à rien de ce qui porte label de qualité. En retour aucun acteur politique ne saurait tirer du spectacle de la réalité sociale une quelconque raison de fierté, et pourtant…

    Exception toutefois du côté des faits de société, plus particulièrement de celui des faits divers, un tour d’actualité donne le sentiment que le pays a réussi à rattraper son temps, pour une fois ne se trouve pas à la traine, sans pour autant se classer dans le peloton des pays les plus dangereux à y vivre. Il est besoin et recommandé de le préciser et de le clamer à tous vents tant des mauvais coucheurs taillent sur le pays un costume de haute insécurité.

    Farandole de faits divers

    Est révolu le temps où les échotiers n’avaient que les chiens écrasés pour étoffer leur rubrique. A l’éventaire actuel un large choix pour tirer des gros titres bien gras. La palme pour faire recettes revient aux enlèvements en vue d’exiger des rançons. Le kidnapping, infraction hautement coupable, sinon démocratisé du moins devenu familier à entendre tant il se multiplie et se pratique soit comme méthode de règlements de compte entre gens du milieu des grosses richesses brutales inexpliquées (remember les rançons libellées en devises) soit pratiqué par des bandes peu rodées au mécanisme. Cette semaine la police a mis fin aux activités de l’une de ces troupes d’amateurs acharnés, simplement parce que ces malfaiteurs ont alerté par un comportement suspect les agents de l’ordre public effectuant une ronde de routine du côté du By-pass. Mardi encore en plein centre-ville en plein jour, un enlèvement rocambolesque de maladresses laisse perplexe les enquêteurs.

    Pickpockets et autres arracheurs de sacs pullulent et ne font plus la chronique, sauf lorsque la foule parvenant à se saisir de l’un plus malchanceux que les autres, lui fait la fête jusqu’à le mutiler sévèrement voire à mettre fin à ses activités de façon capitale, ce qui s’est encore passé mercredi jour du marché à Andravohangy. La colère populaire ne s’arrête pas toujours au verdict de rue, cette colère déborde parfois sur un genre d’insurrection quand elle se tourne contre représentations et représentants de la puissance publique. Des attaques ayant ciblé et le siège du District et le commissariat de police à Maroantsetra témoignent d’une aggravaton du climat social propre à alerter le pouvoir. Dans la capitale comme dans les régions la moindre étincelle menace à tout instant de mettre le feu à des poudrières qui encerclent de toutes parts. En pareilles circonstances, davantage aggravées quand s’y mêle la politique, les rôles qu’interprètent Justice et Sécurité Publique peuvent apparaître flous voire pas très nets, rôles encore moins avantagés par des communications filandreuses de maladresses et de trop-plein de contradictions. Le nuage de fumée autour d’une perquisition au domicile d’une dame député de l’opposition ne parvient qu’à charger de suspicion l’initiative entreprise au nom de la sécurité. Comment les occupants d’un domicile privé peuvent-ils s’assurer de la légalité et de la légitimité d’une intrusion à 2 heures du matin sous prétexte d’y effectuer une perquisition ? La résistance pour s’opposer à ce coup de force a valu aux récalcitrants arrestation et poursuite judiciaire pour coups et blessures et autre résistance à des agents de l’ordre public en mission, inculpation accompagnée d’une mise en détention préventive alors même que les communications de divers organes ne permettaient pas d’identifier le rattachement exact des forces de cette exécution à l’un des corps spécialisés de la police. Coups et blessures portés à l’encontre de X ? Quand X cache le plaignant et non l’auteur non dentifié, cela innove bizarrement mais bénéficie toujours du secret de l’instruction ! Spectacle en prime portant de l’eau au moulin des pisse-vinaigre qui déclarent à tout-va que nul besoin de se fendre du prix d’un billet pour assister à des spectacles de cirque. Dans le genre clownerie les politiciens ne se laissent doubler ni en compétition ni par un recours à des doublures.

    Pitrerie d’une virevolte clownesque 

    Le Tim, son chef historique en tête, exécute une pirouette assez hardie sans recueillir les applaudissements du public, sans provoquer grand enthousiasme des partenaires de l’arène politique. Hier encore il s’opposait à l’idée d’une élection présidentielle anticipée, aujourd’hui une aggravation du litige personnel opposant Marc Ravalomanana au gouvernement concernant le terrain d’Ampasika-Andohatapenaka a suffi pour changer d’avis à propos du positionnement politique sur le terrain des affaires nationales. Il n’exclut pas l’hypothèse d’une alliance avec le mouvement qui réclame la démission du Chef de l’Etat dans le dessein d’organiser au plus tôt les présidentielles. Les partisans de cette solution ne se précipitent pas à passer la porte entrebâillée par l’ancien président. La méfiance reste de mise pour nouer alliance entre ennemis jurés à mort, même s’agissant de faire front ponctuellement contre un ennemi commun. Certains craignent qu’une alliance contre-nature profite davantage au camp opposé tant la cohabitation  leur parait aventureuse. D’autres y décèlent une stratégie pour neutraliser l’opposition à sa femme, Maire de la capitale, elle aussi en position délicate. Des manœuvres tentent de la pousser à prendre la porte. Le beau Marc zappe le fait que c’est son ingérence dans les affaires de la Commune qui fait tache au regard du public. A ce qu’il paraît il peine à l’étroit dans le costume de prince consort et ne se contrôle pas à vouloir revêtir les habits de Régent. Grosse farce : la scène de son appartenance à un mouvement national qu’anime l’une des chefs de file de l’opposition locale à sa dame.

    Léo Raz

     

    Les commentaires sont fermées.