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    Chronique : Honni soit qui mal y pense !

    C’est l’histoire d’une jeune femme. Elle en rêvait depuis longtemps, elle l’a fait : elle s’est fait tresser les cheveux auxquels elle a ajouté de longues tresses postiches et se trouve très jolie ainsi.

    Comme tous les dimanches, elle se rend à la messe. Sur le parvis, elle sourit à ceux qui, comme tous les dimanches, communient avec elle. Devant la nouvelle coiffure dont elle est si fière, les sourires réponse tardent à venir mais les commentaires fusent, gênés : – Nous ne t’avons pas saluée parce que nous avions du mal à te reconnaître. – Que t’est-il arrivé ? – Qu’est-ce que c’est que cette coiffure ? – Nous ne savions pas que tu avais des origines côtières.  – Serais-tu en quête d’un mari « vazaha » ?

    Déconfite, la jeune femme  ne comprend pas que ses nouvelles tresses soient l’objet de tant de réflexions désobligeantes. Abasourdie, elle découvre surtout les préjugés d’un entourage qu’elle croyait bien connaître. La bienséance voudrait qu’elle se précipite chez elle pour qu’on oublie ce malheureux écart de conduite. Elle pourrait céder mais décide de passer outre les sommations silencieuses. Comme un va-t-en guerre, elle décide d’arborer sa nouvelle coiffure le lendemain sur son lieu de travail.

    Ses collègues l’accueillent comme les paroissiens de son église, stupéfaits, quand ils ne sont pas choqués. S’ils sortent de leur silence, c’est pour exprimer leur incompréhension et leur désapprobation. Le jugement est sans appel : avec ses tresses, la jeune femme ne respecte pas l’étiquette. Persuadée de détenir la vérité en matière de savoir vivre, une collègue lui donne discrètement une petite leçon de savoir-vivre : – C’est simple, lui explique-t-elle, seuls les « andevo » se tressent les cheveux comme tu le fais.

    Il paraît qu’on a marché sur la lune. C’est finalement plus facile que d’éradiquer l’obscurantisme et la bêtise.

    Kemba Ranavela

     

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