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    Airjp Tagman : un jeune artiste peintre aux doigts de fée

    Airjp Tagman  : un jeune artiste peintre aux doigts de fée

    Peintre, musicien, passionné de la photographie, Airjp Tagman s’est intéressé très tôt à l’univers qui l’entoure. Il  fait de sa vie un combat pour l’ouverture au monde de ses œuvres, un portail vers la Grande île. Mélangeant avec brio de multiples techniques, ses tableaux donnent littéralement vie à leurs sujets. Lorsqu’il ne jette pas son inspiration sur des toiles, Airjp Tagman confectionne  des objets de décorations d’une manière artistique et créative. Un artiste hors pair.

    « L’art, une expérience de liberté », analyse Airjp Tagman$

    *Les Nouvelles : Comment en êtes-vous venu au monde de l’art ?

    – Airjp Tagman : Je suis né dans la brousse de Madagascar, plus précisément dans la région d’ Amoron’i Mania. Apprenant en autodidacte, j’ai commencé à dessiner dès mon plus jeune âge, sur divers supports, à la sortie de l’école ou quand je gardais les zébus, à mes heures perdues. Dans la foulée, j’ai réalisé des bandes-dessinées sur la culture et les pratiques traditionnelles Betsileo et fait mes premières expositions au lycée. Sur les murs de ma ville natale, je me suis essayé alors aux premières formes de street art, en représentant des personnages accolés à des bulles.

    *Est-ce une passion ou un travail ?

    – Quand j’étais petit à l’école et qu’on me posait des questions sur ce que je voulais faire quand je serais grand, j’aurais aimé répondre « être libre » mais être libre, ce n’est pas un travail.

    Cette liberté, je la trouve dans l’art, on peut interpréter la vie d’une autre façon et avec d’autres manières comme la société nous l’impose.

    *Racontez-nous votre parcours.

    – Pour assouvir ma passion, j’ai élu domicile à Antananarivo à l’orée de l’année 2007, moment où j’ai intégré «  Gasy Bulles », un collectif de dessinateurs de bandes-dessinées. En côtoyant les grands noms de la BD malgache, j’ai participé à des festivals et travaillé sur des albums collectifs. En 2009, nous avons cofondé la communauté « Motion Nation », pour la promotion de la paix à travers l’art de la rue, la danse et notamment le graff. En 2010, j’ai été élu vice- président de Tantsary, une association des jeunes bédéistes et en 2012, représentant de la communauté national de l’art urbain malgache par la fédération FMAU.

    *Et sur le plan international…

    – Depuis 2012, j’ai eu le privilège de participer à des projets artistiques dans plusieurs pays et surtout en Europe, comme le festival Freestyle cup à Marseille, le festival de Nantes et l’exposition périodique à l’Espace Cardin à Paris. J’ai pris également part à des ventes aux enchères aux côtés d’autres graffeurs et street artistes internationaux, au profit d’une association caritative qui œuvre à Madagascar. De passage dans l’Aude en 2015, j’ai investi un hangar de la Manufacture Royale à Montolieu dans lequel j’ai réalisé la « Zion expo », véritable installation artistique monumentale de 420m 2 qui a pour objectif de redonner de la vie et de la valeur à un lieu abandonné en créant des œuvres à partir des objets présents sur place.

    *Comment définissez-vous votre style artistique ?

    – Mon expression artistique mêle plusieurs techniques, comme le Street art, la peinture, le dessin, l’aquarelle, les installations et la musique.

    *Il existe des thèmes majeurs dans vos œuvres.

    – L’homme et la nature, la culture et la biodiversité malgache, la vie quotidienne malgache et les traditions tribales. Ce sont les thèmes majeurs de mes créations.

    * Le caméléon a-t-il une signification particulière dans votre peinture ?

    – J’ai choisi le caméléon comme un hommage à Madagascar où l’on en trouve plus d’un tiers des espèces existantes. Ces animaux de la famille Chamaeleonidae, des lézards sauriens, affichent des couleurs variées et éclatantes, qui changent selon leurs émotions, mais également dans un but de camouflage. Cette fonctionnalité est comparable à l’être humain qui s’adapte à son environnement, au climat ou à une nouvelle culture. La lenteur de déplacement du caméléon peut faire penser à un animal lent et fragile, mais c’est un prédateur agile et redoutable lorsqu’il s’agit d’attraper des proies avec sa langue protractile. À Madagascar, cet animal fait souvent l’objet de légendes et éveille l’imaginaire. Il incarne à la fois la fragilité et la force, la lenteur et la rapidité, la crainte et la fascination, le camouflage et les couleurs éclatantes.

    *Force est de constater que vous avez une préférence pour le grand format. Pourquoi ?

    – Effectivement, le grand format est comme une aventure, c’est  un bon exercice qui peut bousculer un peu vos habitudes et sortir un peu du traditionnel format A3 ou A4. Cela permet aussi d’apprendre à dessiner autrement que sur un petit format puisque votre gestuelle est différente. Quand vous êtes sur votre table à dessin, votre feuille dépasse rarement les limites du format A3. Dans ces proportions, vous faites travailler votre main et votre poignet. Mais faire un dessin en grand modifie totalement votre gestuelle. Vos mouvements sont beaucoup plus amples et vous travaillez avec votre bras, ce qui modifie également votre tracé et vous oblige à vous lâcher. J’ai choisi aussi le grand format puisque j’approprie les lieux avec ma création. Là, il s’agit principalement d’un art destiné au grand public, ça permet de toucher des personnes qui ne fréquentent pas les musées ou les galeries d’art.

    *Le fait d’être peintre et musicien, n’est-ce pas deux façons complémentaires de vous exprimer ?

    – Je me sens pas spécialement peintre ni musicien, ce sont des outils comme tant d’autres pour contester, bousculer, déranger, revendiquer, dénoncer, interroger, soutenir et véhiculer des messages.

    *Avez-vous en tête d’autres expériences artistiques ?

    – Je ne fais qu’apprendre. j’ai d’autres passions comme la photo ou le chant mais ça reste un plaisir !

    *Vous avez un projet pour la Grande île?

    • Je n’aime pas trop dévoiler mes plans à l’avance. Ceci étant, je peux vous dire qu’un grand projet est prévu pour Madagascar, ce serait un des meilleurs auxquels je m’attelle actuellement, mais ça reste une surprise …

    Un agenda international chargé

    L’année démarre sur les chapeaux de roues pour Airjp, qui se consacre actuellement à la réalisation de divers projets artistiques. Parmi ceux-ci, son one-man-show baptisé « Peuple du Monde et la vie quotidienne Malagasy », qui s’installera  du 24 février au 10 mars à l’espace Temps à Carcassonne (France). S’ensuivront le 15 avril, une performance et une exposition qui rentrent dans le cadre de la Journée mondiale de l’art, avec une palette d’artistes internationaux à Montolieu. D’autres expositions sont également en cours de réalisation pour un musée en France.

    « Je prépare en parallèle la Zion Expo 2017 à l’occasion de laquelle j’inviterai plusieurs artistes internationaux évoluant dans des disciplines aussi variées que la danse, le cirque et la musique, pour une collaboration artistique d’une durée de 3 mois dans cet événement. Une série de festivals de street art figure également dans mon agenda tout au long de l’été », a-t-il détaillé.

    Page réalisée par Joachin Michaël

     

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