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    Madagascar il y a 100 ans : le cyclone (2)

    (Suite et fin.)

    Au-delà du Wharf, le mur de soutènement assez récemment construit, et destiné à protéger le boulevard Galliéni contre les avances de la mer, s’est effondré sur une cinquantaine de mètres. Le météore a commis là l’indiscrétion d’étaler sans pudeur à tous les yeux la façon dont les travaux publics autrefois étaient exécutés. Le mur dont s’agit a sur certains points l’épaisseur d’un carton reposant sur du sable. C’est sous la haute direction de M. Vidaud, l’éminent ingénieur du Service régional d’alors, que ce travail a été exécuté.

    Il faut convenir que ce haut fonctionnaire Zaptatout possédait de réelles aptitudes… aquatiques. C’est ainsi, entre autres, qu’il avait converti la rue Amiral Pierre en une cascade de la rue Laborde à la rue Lambert, cascade précédée d’un lac, délice des canards, sur lequel peuvent naviguer des pirogues, allant de cette dernière rue au jardin public. C’est du reste le même Zaptatout qui demandait, effaré, à quoi pouvaient servir des chambres d’eau dans une usine hydraulique.

    Au-delà du mur ci-dessus, la mer a continué à ronger, sur divers points, le boulevard Galliéni, notamment à la Pointe Tanio où, le boulevard enlevé, elle s’est avancée dans les terres sur une longueur d’environ 200 mètres, emportant une partie d’une maison appartenant aux T. P. et mettant en péril le phare et la bouée lumineuse qui le précède.

    En ville, les dégâts, quoique nombreux, n’ont pas atteint la même importance. Des toits enlevés tout ou partie, procurant aux habitants la surprise d’une douche en pleine nuit, surprise que d’aucuns auront eu la mauvaise grâce de trouver désagréable. Un fait curieux à noter : c’est que le météore paraît

    avoir spécialement exercé sa rage sur les bâtiments publics. Malfaçons !… s’écriera quelque grincheux. – Oh ! pas du tout, simple malice, pure facétie de mauvais goût de la part du météore, voilà tout.

    De nombreuses branches d’arbres ont été cassées, et même un certain nombre d’arbres ont été déracinés, – le sol n’est composé que de sable, – et quelques-uns se sont donné le luxe d’écraser les toits des immeubles qui les avoisinaient, ou de couper les fils télégraphiques – jeux innocents de la part d’un météore, car, – fait digne de remarque, – il n’y a eu à déplorer la perte d’aucune vie humaine, ni même aucun accident sérieux.

    Le Tamatave

    www.bibliothequemalgache.com

     

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