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    Le troc : une transaction qui perdure

    Le troc : une transaction qui perdure

    Le troc persiste encore de nos jours. En milieu rural, cette pratique se traduit notamment par l’échange de paddy contre des articles ou des marchandises et qui se fait ainsi juste après la moisson. Interview de madame Line qui habite à Imerintsiatosika, une habituée de ce genre de transaction.

    . Les Nouvelles : Depuis quand avez-vous pratiqué le troc ?

    – Madame Line : Depuis mes seize ans, après l’arrêt de mes études, il y a une vingtaine d’années. Je l’ai appris en suivant ma mère et mes tantes, à pied ou sur une charrette tirée par des bœufs, parcourant tous les villages des riziculteurs avoisinants, environ dans un rayon de dix à quinze kilomètres.

    . Pourquoi le troc s’effectue toujours juste après la moisson du riz ?

    – C’est le moment où les paysans n’ont pas beaucoup d’argent en liquide. Ils ont tout investi en employant des moissonneurs et dans la manutention du paddy, allant des rizières au grenier. Une opportunité dont nous profitons au plus vite avant la venue des collecteurs, comme c’est le cas maintenant, après la moisson du « Vary aloha » ou riz de la première saison. Une fois qu’ils ont de l’argent, ils vont effectivement en ville pour faire leurs achats et dédaignent ainsi nos marchandises.

    . Quel genre de marchandises proposez-vous ?

    – Des couvertures, des effets vestimentaires, en général de la friperie, des appareils ménagers et des ustensiles de cuisine. Auparavant, on amenait du sucre, du sel, de l’huile, du savon et du pétrole. Mais depuis la pullulation des épiceries jusqu’aux fins fonds de la brousse, nous nous abstenons de ces produits de première nécessité.

    . Quelles mesures utilisez-vous pour évaluer à la fois vos marchandises et le paddy reçu en contrepartie ?

    – Nous utilisons deux sortes de mesures. Le « Daba » ou bidon, d’une capacité de 12 Kg environ de paddy, et le gobelet. Le choix dépend de l’importance du troc.

    . Pouvez-vous donner quelques exemples ?  

    – Une couette ou une couverture en laine s’échange contre trois à six bidons de paddy. La différence s’explique par la qualité de la couverture et aussi de la qualité du paddy. Il en est de même pour une marmite ou une cuvette en aluminium. Le troc d’une assiette Duralex ou en inox s’effectue à partir de cinq gobelets.

    . Quel est le secret de ce métier ?

    – En premier lieu, être au courant du cours actuel du paddy ainsi que du choix des articles à vendre. Ensuite, savoir par cœur le prix de revient attribué à chaque article, ce qui est très utile en prévision des longues palabres qu’on va mener lors du marchandage. Il ne faut pas aussi être trop gourmand, sinon c’est l’échec assuré du troc. En effet, même étant paysans, ils sont plus ou moins au courant de l’évolution des prix des choses.

    Propos recueillis par Sera R

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