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    Chronique : des feux de désespérance

    «Brûler les stocks de bois de rose saisis ou restitués lors d’une tentative de trafic». Au sein d’une association très engagée dans la lutte pour la  sauvegarde de l’environnement, autant versée dans le combat contre la mise en coupes sombres des richesses naturelles, des militants déterminés avancent la solution extrême d’une destruction par le feu. Ça serait un comble pour un Etat dont la population croupit dans la pauvreté d’être réduit à brûler une réserve importante de l’un des symboles de richesses du pays. Dans le public on fantasme sur le bois de rose. Pratiqué au nez et à la barbe des autorités, florissant rarement sanctionné le trafic parallèlement au fantasme entretient la psychose d’une hémorragie anémiant la population engraissant une minorité de salauds. Envieuse autant que juge sévère tant elle sait de sales histoires, l’opinion  ne s’en laisse plus conter, chat échaudé craint eau froide, dès qu’il retourne de richesses alléchantes elle ne prête confiance à personne.

    Tragique conclusion emplie d’une amère désespérance à laquelle aboutit ce constat d’absence de compétence digne de confiance. Grande désolation conduisant à souhaiter l’organisation d’un autodafé en dernier recours. Surréaliste le sacrifice d’avoir à brûler d’immenses fortunes sur un océan d’infortunes. Auto-flagellation en expiation des fautes, ou avis public pour dissuader de la tentation de toucher au bois précieux. Vœu pieux voué à l’inefficacité. Mystères et miracles, style transformer l’eau en vin, le public a vu des supercheries qui ont tenté d’en épouser la forme sans réussir à tromper grand monde. Les producteurs de ces spectacles ratés en ont toujours recueilli bons profits sans jamais avoir subi de représailles en sanction de ces dégueulasseries. Des stocks de bois précieux saisis, à chaque fois le pouvoir en fait tout un cinéma. Une fois sous sa garde toute réserve de richesses fond comme neige au soleil. Il ne rend pas compte des fontes de neige ! En l’absence de compétence digne de confiance, rien ne garantit contre le montage d’un autre écran de fumée : un feu sans joie, alimenté de bois de chauffe en substitution des rondins de bois de rose. Pour ces bois précieux nouvelle occasion de mystérieusement disparaitre, sans qu’ils ne soient perdus pour tous. A la fois victime que complice, coupable de faiblesse, l’Etat s’efface derrière un pouvoir fort volontairement inerte à exercer des poursuites contre les vampires.

    Léo Raz

     

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