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    Madagascar il y a 100 ans : les pois du Cap (1)

    On nous écrit :

    De toutes parts, on répète qu’il faut intensifier la culture des denrées diverses pour venir en aide à la Métropole et aussi pour nourrir la Colonie. Le Service de Colonisation est en tête du mouvement.

    Or, parmi ces denrées, une qu’on ne saurait trop recommander est le vulgaire pois du Cap, de culture facile, bien que négligée, dont la farine pour la panification est bien supérieure à celle du riz.

    La preuve en est que les Anglais, nos maîtres en bien des choses, nous achètent la presque totalité de notre production de pois du Cap, pour nous la retourner sous forme de gâteaux aussi fins que délicieux.

    Donc à planter des pois du Cap !

    À ce propos, d’aucuns ont préconisé, pour intensifier ses cultures, la formation de chantiers composés par des tirailleurs indigènes ou par des prisonniers.

    La Tribune a eu l’occasion de faire connaître à ses lecteurs qu’elle avait vu fonctionner un de ces chantiers composés de tirailleurs, et elle recommandait à leur admiration la lenteur vraiment phénoménale avec laquelle les dits tirailleurs accomplissaient leur besogne sous l’œil tout aussi nonchalant de leurs surveillants malgaches.

    Or, ce que La Tribune a vu une fois, nous, Tamataviens, avons eu la bonne fortune de le contempler tous les jours, et en plus, en dehors de chantiers composés de tirailleurs, nous avons nombre de chantiers composés de main-d’œuvre pénale indigène. Eh bien ! une chose nous a intrigués que nous n’avons pu tirer au clair : c’est de savoir laquelle des deux espèces de chantiers militaires ou prisonniers battait le record de la nonchalance, du moindre effort et du moindre rendement… à ce train-là, les plantations de céréales ne doivent pas avancer beaucoup, me direz-vous…

    Rassurez-vous. Ces chantiers ne travaillent qu’à la création de parcs, de jardins d’agrément ; en un mot, à l’embellissement de la ville, toutes choses aussi inutiles que coûteuses. Des cultures vivrières ? Allons donc ! C’est bon pour les colons marécageux. M. Lebureau, lui, est assuré de trouver toujours dans son râtelier sa pitance ordinaire, et par suite n’a plus besoin de s’occuper de ces… fichaises-là.

    (À suivre.)

    Le Tamatave

    www.bibliothequemalgache.com

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