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    Hommages à Dadah Rabel : ses collègues de l’hôpital se souviennent de l’homme qu’il était

    Hommages à Dadah Rabel : ses collègues de l’hôpital se souviennent de l’homme  qu’il était

    Quelle coïncidence incroyable.  La fête des Pères coïncide avec celle de la musique ce 21 juin, également la date d’anniversaire de Dadah Rabel, connu sous le nom de scène de Dadah au sein du groupe Mahaleo. Ce dimanche, il aurait fêté ses 66 printemps. Pour ses collègues de l’Hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona (HJRA), il était avant tout un chirurgien pointu, un musicien exceptionnel et un père unique en son genre, il n’y en a pas deux comme lui. A tout seigneur, tout honneur. Témoignages.

    Dadah, un chirurgien pointu 

    Chanteur-compositeur-arrangeur. Da­dah, de son vrai nom An­dria­nabela Rakotobe, est sans conteste à ne plus présenter dans le monde du 4e art. Mais derrière cette image d’artiste reconnu par ses pairs et adoré par ses fans inconditionnels se dresse un tout autre portrait : un hom­me en blouse blanche dé­voué corps et âme à ses patients.
    Après avoir décroché son diplôme de docteur en mé­decine, à l’Université d’An­­tananarivo, il s’est envolé pour la France à l’orée de 1987, afin de poursuivre une spécialisation en traumatologie. 9 ans après, il avait mis le cap sur Madagascar et est retourné dans sa ville natale à Antsirabe pour exercer sa profession de médecin.

    Rija Ramarolahy, médecin traitant de Mahaleo : « La santé du groupe Mahaleo, une priorité absolue » 

    Inconditionnel admirateur du groupe Mahaleo depuis sa prime jeunesse, Rija Ramarolahy rêvait de rencontrer la bande après chaque spectacle, le temps de prendre une photo avec eux ou bien de demander un autographe.
    « L’occasion s’est présentée 20 ans plus tard, époque où j’ai effectué un stage à l’HJRA. Il venait d’être affecté au sein du service où je travaillais. Régulièrement nous assurons ensemble le tour de garde », témoigne Rija, actuellement en poste au Service de réanimation chirurgicale de l’HJRA. « Nous, ses collègues de travail, nous souvenons de lui comme d’un grand travailleur, un rassembleur et une personne loyale et humble ».
    Avec le temps, la santé du groupe Mahaleo constitue une priorité absolue pour lui, que ce soit durant ses multiples tournées nationales ou bien les sorties internationales.
    « Dans la foulée, j’ai eu l’opportunité de fréquenter le reste du groupe, après avoir été engagé en tant que médecin traitant de Mahaleo depuis 2007. En tant que fan, j’ai eu la joie immense de rencontrer en face mon idole. Il faut bien avouer, veiller à la santé de toute une bande n’était pas une sinécure. Il faut constamment prendre les décisions qu’on pense être justes ». Comme c’est le cas notamment d’une virée artistique dans la capitale du Betsimisaraka en 2015, durant laquelle Fafa et Dama ont été victimes d’un gros coup de fatigue, la veille du concert. Heureuse­ment qu’ils ont pu assurer la deuxième partie du spectacle.

    Bruno Razafimanantsoa : « Après les instruments chirurgicaux, les instruments de musiques »

    Il a travaillé dans le service neurochirurgie de l’HJRA, en qualité de neurotraumatologue, depuis l’année 2002. « Comme le métier de chirurgien est un travail d’équipe, nous avons passé ensemble une bonne partie de notre temps à l’hôpital », se remémore Bru­no Razafimanantsoa Nel­son, avant d’enchaîner que c’était « un médecin au grand cœur, il était heureux de venir en aide aux personnes nécessitant d’intervention dont le traitement coûte une somme importante ».
    Comme c’est un professionnel aguerri, il sait bien jongler entre ses occupations de médecin et d’artiste. Durant ses tournées, il organise à l’avance ses départs en con­gé, ce qui est dans son droit. Cela fait actuellement 6 ans qu’il a raccroché sa blouse blanche. « Après les instruments chirurgicaux viennent les instruments de musique. Il nous arrive parfois, après des heures passés au bloc opératoire, de se décompresser autour de la bonne musique au bureau, comme un groupe », se souvient le neurotraumatologue qui prendra sa retraite le courant de cette année.

    Mamy Rakotomanga : « Les discussions au bureau se terminent toujours par des fous rires »

    Président d’honneur de « Tsarà », une association basée en France qui accompagne les insuffisants rénaux et leurs proches, Dadah Rabel a grandement contribué à l’équipement du Service de réanimation néphrologique de l’HJRA.
    « Dadah était un bon vivant et rigolard. Notre discussion se termine toujours par des fous rires. Parfois, il se pose en Raiamandreny, tout en restant un modèle au sein du corps de métier », argumente Mamy Rakotomanga du Service de réanimation néphrologique de l’HJRA. En 2003, le chanteur de « Veloma » a soufflé ses 49 bougies au PK49. « A ce moment, j’ai été appelé à assurer le service de garde. Plus tard, on s’est donné rendez-vous au bureau. Quand il n’avait pas bonne mine, il venait directement me consulter pour des bilans de routine. Et vice versa ».

    Bien que Dadah occupe une tout autre fonction, il était d’une grande aide au sein du service de néphrologie de l’HJRA, à travers des appels aux dons et des galas caritatifs, en faveur des pa­tients souffrant d’insuffisance rénale. « A quelques mois de sa tragique disparition, nous avons programmé une petite fête entre collègues chez moi, mais hélas, le destin en a décidé autrement ».

    Propos recueillis par Joachin Michaël 

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