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    Joël Randriamandranto, ministre du Tourisme : “Faire revenir les touristes ne sera pas si difficile.”

    Joël Randriamandranto, ministre du Tourisme : “Faire revenir les touristes ne sera pas si difficile.”

    Le futur d’Air Madagascar, le tourisme durement touché par le coronavirus, le nouveau terminal d’Ivato… Pour les Nouvelles, Joël Randriamandranto, Ministre des Transports, du Tourisme et de la Météorologie évoque la relance et l’avenir du secteur du tourisme et de l’aérien. Le ministre rappelle aussi que les aéroports de province font l’objet d’appels d’offre pour leur gestion. Entretien. 

    Après la fin du partenariat avec Air Austral, quel est la situation pour Air Madagascar ?
    La vision du Président de la République est claire : Air Madagascar doit s’épanouir. Nous avons négocié avec Air Austral depuis 2019, mais le partenariat n’a pas été en notre faveur. Air Madagascar est donc désormais 100 % malagasy. Pour résumer, la Cnaps a revendu ses 10 % du capital d’Air Austral, achetés au début de l’ancien partenariat. A la place, la Cnaps a racheté les 47 % du capital d’Air Madagascar abandonnés par Air Austral.

    Un mot sur le plan pour relancer Air Madagascar ?
    Exclure Air Austral a été la première étape. La seconde étape, maintenant, c’est d’installer une nouvelle direction et un nouveau conseil d’administration. Enfin, nous allons mettre au point un business plan dans les deux mois à venir avec des experts internationaux et des agents d’Air Madagascar. Nous déterminerons ainsi nos actions, comme le changement de certains appareils, et l’ouverture de nouvelles lignes. Une fois ce business plan achevé, nous chercherons les moyens de l’exécuter et un éventuel partenaire si c’est nécessaire. Il faut être ambitieux : dans les deux prochaines années, on espère que Air Madagascar fera des bénéfices, de nouveau.

    Pourquoi ne pas avoir inauguré le nouvel aéroport d’Antananarivo-Ivato qui est terminé à 100% ?
    Le territoire est encore fermé. Mais c’est au moment de la réouverture qu’on va utiliser cet aéroport. L’objectif, c’est d’accueillir 500 000 touristes en 2023. On a déjà des stratégies pour y arriver dont l’une est de faire des six aéroports secondaires de Madagascar, des aéroports internationaux. Mais force est de constater que nous n’aurons pas les moyens de faire cela nous-mêmes. Il suffit de voir l’investissement qu’a fait Ravinala Airport pour Ivato et Nosy Be (voir encadré).

    Vous chercherez donc de nouveaux partenaires ?
    En effet. Vingt ont déjà répondu à l’appel et neuf ont été présélectionnés. Ils auraient dû déposer leurs offres définitives au mois d’avril dernier mais la situation sanitaire nous a retardés. Dès la réouverture du ciel, ces neufs partenaires potentiels disposerons d’un mois pour constituer leur dossier. Nous déciderons ensuite. Je tiens à rappeler qu’on va attribuer les aéroports par lots. Le Nord : Diégo, Sambava. Le Sud : Tuléar, Fort Dauphin, Morondava. Le centre du pays : Tamatave, Majunga, Sainte-Marie, Mananjary ou encore Manakara. Mais nous procéderons différemment d’avec Ravinala, car sur Tana et Nosy Be, on a l’impression que l’Adema est relégué au banc des remplaçants et reste un simple spectateur. Nous élaborerons une toute autre convention où l’Adema fera partie intégrante de la gestion des aéroports.

    Vous avez fait part de votre souhait de renégocier une partie de la convention avec Ravinala, signée sous l’administration Rajaonarimampianina ?
    Nous restons dans la continuité de l’Etat, car si on change tout, il n’y aura plus jamais d’investisseur qui viendront à Madagascar. Mais on se doit quand même de regarder s’il y a des dysfonctionnements ou des clauses exagérées. L’un des points est par exemple que Ravinala est libre de faire travailler les sociétés de son choix. Par exemple, c’est ce qui a fait se révolter Sofitrans qui s’occupait des duty free dans l’aéroport depuis des décennies. C’est un point qui peut être renégocié.
    Quand espérez-vous une reprise normale du tourisme à Madagascar ?
    Au deuxième semestre de 2021. Faire revenir les touristes à Madagascar ne sera pas si difficile, car nous n’avons pas des millions de touristes comme dans d’autres grands pays. Nous sommes entre 300 000 à 370 000 touristes et voyageurs par an. De plus, nous pensons séduire d’autres marchés comme l’Afrique ou l’Inde. Enfin, il est plus que temps de donner un coup de pouce au tourisme domestique. Mais il ne faut pas oublier que tout dépend de la situation sanitaire. La réouverture du tourisme à Nosy Be, le 1er octobre, est déjà un signal fort.

    A part Nosy Be, avez-vous une estimation pour la réouverture des autres vols internationaux et domestiques ?
    La décision appartient au Conseil du gouvernement et des ministres. Par contre, notre ministère se prépare dès maintenant. Il faut que tous les gestes barrières et les protocoles sanitaires soient respectés dans tous les aéroports, avec des tests de dépistages. D’ores et déjà, on peut voir l’implantations des tunnels de désinfection à l’aéroport d’Ivato pour les vols de rapatriements.

    Est-ce un schéma aussi valable pour la reprise des activités des taxis-brousse ?
    Oui ! D’ailleurs cela fait des semaines qu’on multiplie les réunions pour préparer cela. Tout comme dans les aéroports, on va devoir mettre en place des protocoles dans les gares routières. Et le secteur du tourisme a déjà élaboré un guide de bonne pratique pour ses professionnels. Nous mènerons bientôt une grande campagne de communication.

    Tiana Ramanoelina

    Ravinala, l’aéroport et les duty free

    Les Nouvelles ont déjà raconté la fin des travaux du nouveau terminal d’Ivato, dans notre édition du 31 juillet. Le bâtiment s’étend du 17 500 mètres carrés pour 220 millions d’euros d’investissement, sur un projet porté par le consortium Ravinala (Meridiam, Aéroports de Paris,  Bouygues et Colas). Sur l’épineux dossier du duty free dans la zone d’embarquement, un appel d’offre a eu lieu, que Sofitrans n’a pas remporté. “Les relations avec Sofitrans sont bonnes, déclare aujourd’hui, aux Nouvelles, Patrick Collard, directeur général de Ravinala. Nous leur avons accordé un espace de 45 mètres carrés dans le duty free à l’arrivée. Et nous finançons les travaux.”

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