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    Ida Pfeiffer: Voyage à Madagascar (125)

    Le chœur de chanteuses que le prince Rakoto avait envoyé au-devant de nous, pour rendre notre réception plus brillante, se composait de vingt jeunes filles qui s’accroupirent dans un coin de la salle et nous assourdirent de leurs voix criardes. Elles crièrent et hurlèrent absolument comme les femmes et les filles du village où nous avions célébré la fête du bain de la reine. Leurs chœurs étaient dirigés par un homme habillé en femme à l’européenne. Comme les traits de la physionomie des deux sexes ne diffèrent pas beaucoup entre eux, et que leur beauté ou leur laideur est à peu près la même, je n’aurais pas cherché un homme dans cette caricature si M. Lambert ne m’en eût pas fait la remarque.

    30 mai. – Il arriva ce matin une ambassade des habitants du village pour inviter M. Lambert à un combat de taureaux que l’on se proposait de donner en son honneur. Après nous être d’abord acquittés de l’affaire importante du déjeuner, nous nous rendîmes sur le lieu du spectacle ; mais nous trouvâmes que les préparatifs n’étaient guère avancés et qu’il faudrait encore beaucoup de temps pour les achever. Nous remerciâmes ces bonnes gens de leurs prévenances, et, nous contentant de leur bonne volonté, nous préférâmes accélérer notre voyage pour arriver le plus tôt possible à la capitale, éloignée seulement d’une demi-journée. Nous étions d’autant plus pressés que nous avions appris que le Sikidy (l’oracle) avait désigné cette journée comme propice pour notre entrée à Tananarive, et que la reine désirait nous voir profiter de ce moment favorable.

    Dans tout Madagascar, mais surtout à la cour, on est habitué, pour les affaires les plus importantes comme pour les plus insignifiantes, à consulter le sikidy. Cela se fait de la manière suivante, qui est extrêmement simple. On mêle une certaine quantité de fèves et de cailloux ensemble, et, d’après les figures qui se forment, les personnes douées de ce talent prédisent une bonne ou une mauvaise fortune. Il y a à la cour seule plus de douze interprètes des oracles, et la reine les consulte pour la moindre bagatelle.

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