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    Mercredi des idées en goguette: Ordre et lois

    Cela se confirme de plus en plus. Les échéances électorales sont proches. Et les stratégies n’ont guère changé depuis belle lurette en pareille circonstance, c’est-à-dire l’année qui les précède, voire l’antépénultième. L’insécurité, les incendies et autres feux de forêts, les grèves et mouvements à caractère syndical ou non sont, certes, nés de situations ou de revendications à l’origine bien réelles et légitimes. Mais leur nombre, leurs ampleurs et impacts ont été amplifiés de manière à instaurer une atmosphère sociale délétère. Bref, entretenir cette impression que rien ne va, ou plutôt que tout va de mal en pis.

    Et puis, il fallait s’y attendre, ils sont venus. Ces épiphénomènes auguraient en fait la réapparition de personnalités politiques qui, bien tapies dans l’ombre, guettaient le moment de sortir de leur silence, d’abord pour dresser un tableau plus que noir de la situation actuelle et pointer du doigt le pouvoir en place. Et ensuite pour se poser en hommes providentiels, porteurs de solutions destinées à redresser le cap. Pour dire qu’avant, c’était mieux et qu’avec eux, ce sera meilleur. Dans tous les cas, c’est de bonne guerre puisque – et c’est ainsi partout dans le monde – ce sont les périodes de crises (sociales et économiques en l’occurrence) qui donnent du grain à moudre à l’opposition qui n’a pas grand-chose à dire en période faste. D’ailleurs, dans le domaine politique, les opportunités comptent énormément et ce n’est certainement pas fortuit qu’un des anciens présidents fasse deux apparitions sur la scène publique en moins d’une semaine. L’être compte aussi nettement moins que le paraître, quitte à nouer des alliances conjoncturelles contre-nature et se prévaloir du cliché d’une poignée de mains entre ennemis d’hier qui seraient devenus des compères aujourd’hui… A la limite, tant mieux pour la « réconciliation nationale »…

    Maintenant, quand ils soutiennent que les prochains scrutins ne devraient avoir lieu qu’une fois que tous les registres d’état civil et, par conséquent, les listes électorales aussi, seront passés par la case digitalisation, est-ce à dire qu’ils comptent empêcher le peuple de s’exprimer si ce n’est pas encore le cas en 2023 ? La frustration peut se comprendre mais l’histoire retiendra que c’est le verdict des urnes et non autre chose qui a sanctionné à l’époque le candidat du régime qui a lui-même organisé les élections. S’agira-t-il donc de prolonger le mandat de l’actuel chef de l’Etat ? Ce n’est certainement pas dans les plans de ce rassemblement d’opposants qui, personne ne s’en étonnera guère plus, se mettra certainement d’ici peu à réclamer des démissions et/ou un partage du pouvoir…

    Problèmes d’autorité

    Si les politiques ont des problèmes avec le pouvoir, d’autres en ont avec l’autorité. Ou plutôt son exercice dans le cas de ce policier pris en flagrant délit de coups et blessures contre un civil. Les images ont fait le tour des réseaux sociaux et provoqué l’émoi au sein de l’opinion publique. La preuve peut-être que beaucoup embrassent le métier par dépit et non par vocation, et ont du mal à cerner la teneur de leur mission ainsi que les moyens qu’ils sont habilités à déployer. Le citoyen lambda n’admettra aucune excuse quand ceux censés assurer sa sécurité font usage d’une force excessive contre sa personne. Les responsables ont même dû se prêter à l’exercice de la communication pour s’exprimer sur le sujet. Une affaire similaire est en cours d’examen auprès de la justice mais impliquerait cette fois-ci des militaires dont certains ont déjà été placés en détention provisoire. Mais voilà que certains de leurs frères d’armes auraient exprimé leur mécontentement et demanderaient que ceux-ci soient libérés. Le cas n’est pas sans rappeler celui du syndicat des docteurs vétérinaires qui sont allés jusqu’à tenir une grève et la suspension de la signature de certains documents dont dépend l’approvisionnement de la viande de bœufs, afin, également, d’exiger la libération de leurs confrères suspectés de corruption et blanchiment.

    Ce n’est pas la première fois et certainement pas la dernière que le corporatisme fera pression sur le système judiciaire et cela contribue à son affaiblissement. Et évidemment, y céder signifierait perte de crédibilité, mais cela créerait surtout un précédent qui convaincrait certains qu’à l’avenir, il suffit de manifester et de s’inventer un moyen de pression pour faire cesser les poursuites enclenchées contre des prévenus. On ne citera plus tous les remue-ménage qui suivent presque instantanément les nouveaux projets ou propositions de loi qui doivent passer entre les mains des parlementaires. Pour une raison ou pour une autre, chacun d’entre ces textes subissent les foudres des contestataires avant même que le processus d’examen ne commence. Certains se disent réfractaires en tenant compte du seul intitulé et sans en connaître parfois rien du contenu.

    C’est bien beau d’affubler son propre pays de surnoms méprisants pour faire comprendre qu’on réclame, selon les expressions consacrées, bonne gouvernance et Etat de droit. Mais ces idéaux ne concernent pas uniquement l’Exécutif ni les élus ou les politiciens selon la croyance populaire, mais bien tout le monde, y compris les dépositaires de l’autorité publique, agents de l’Etat et simples citoyens. Le pays est organisé en institutions, en l’occurrence juridictionnelles et si même ceux censés les incarner ou les défendre les méprisent, on n’est pas sorti de l’auberge.

    N.R.

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