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    Ida Pfeiffer: Voyage à Madagascar (126)

    Elle respecte les sentences du sikidy, au point de renoncer pour beaucoup de choses à sa propre volonté et de se rendre en cela l’esclave la plus soumise dans un pays qu’elle gouverne d’ailleurs si despotiquement. Veut-elle, par exemple, faire une excursion, il faut d’abord consulter l’oracle pour savoir le jour et l’heure où elle pourra l’entreprendre. Elle ne met pas de robe, elle ne mange d’aucun mets sans avoir interrogé le sikidy. Même pour l’eau qu’elle boit, le sikidy doit indiquer à quelle source il faut l’aller chercher.

    Il y a peu d’années encore qu’on consultait le sikidy à la naissance d’un enfant pour savoir s’il était venu au monde dans un moment favorable. Quand la réponse était négative, on plaçait le pauvre enfant au milieu d’un des chemins suivis par les grands troupeaux de bœufs. Si les bêtes passaient avec circonspection près de l’enfant sans le blesser, le charme fatal était rompu et l’enfant rapporté en triomphe à la maison paternelle. Il n’y avait naturellement que peu d’enfants assez heureux pour sortir sains et saufs de cette dangereuse épreuve : la plupart y perdaient la vie. Les parents qui ne voulaient pas soumettre leurs enfants à cette épreuve se contentaient de les exposer, surtout quand c’étaient des filles, sans plus s’en inquiéter. La reine a défendu l’épreuve aussi bien que l’exposition ; c’est peut-être la seule loi philanthropique qu’elle ait établie.

    Tous les voyageurs qui veulent aller à la capitale en doivent demander la permission à la reine et attendre à une journée au moins de distance la décision du sikidy, qui fixe le jour et l’heure où ils peuvent faire leur entrée. Il faut observer rigoureusement le jour et l’heure indiqués, et, si dans l’intervalle le voyageur tombe subitement malade et se trouve dans l’impossibilité d’arriver aux portes de la ville au moment prescrit, il doit adresser un nouveau message à la reine et attendre une seconde décision du sikidy, ce qui fait perdre plusieurs jours et souvent plusieurs semaines.

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