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    Ida Pfeiffer: Voyage à Madagascar (130)

    Nous descendîmes chez M. Laborde, ami intime de M. Lambert et grand protecteur de tout Européen qui arrive à Tananarive.

    Chapitre XI : M. Laborde. – Le prince Rakoto. – Traits de sa vie. – Le sambas-sambas. – Marie. – La revue au champ de Mars. – La noblesse de Madagascar. – Le pacte secret. – La société anglaise des missions et le missionnaire anglais W. Ellis.

    Voici en quelques mots l’histoire de notre hôte, M. Laborde.

    Il était né en France et fils d’un sellier aisé. Dans sa jeunesse, il servit plusieurs années dans un régiment de cavalerie ; mais, tourmenté par le désir de voir le monde, il fournit un remplaçant après la mort de son père et s’embarqua pour les Indes orientales. Il fonda à Bombay plusieurs fabriques pour la réparation des machines à vapeur et la confection des armes, établit une sellerie et fit de très bonnes affaires. Cependant son esprit mobile ne lui permettait pas de demeurer longtemps au même endroit. Il céda ses ateliers à un ami et partit en 1831 pour l’archipel Indien. Le vaisseau qui le portait, assailli par une tempête, échoua contre la côte de Madagascar. M. Laborde perdit par ce naufrage non seulement ses biens, mais sa liberté ; car, comme on sait, dans cette île hospitalière tous les naufragés deviennent esclaves. Il fut conduit avec quelques-uns de ses compagnons d’infortune à Tananarive pour y être vendu. Heureusement pour lui, la reine, informée qu’il savait fabriquer des armes et d’autres objets, le fit venir à sa cour et lui promit la liberté s’il s’engageait à la servir fidèlement pendant cinq ans. M. Laborde accepta l’offre, établit un atelier où il fabriqua toutes espèces d’armes, et jusqu’à de petits canons, de la poudre et autres objets. Malgré sa haine contre les Européens, la reine finit par lui accorder sa confiance, et elle fit même assez grand cas de lui pour le consulter dans plusieurs entreprises importantes, si bien qu’il parvint à l’empêcher de prononcer plus d’une sentence de mort. Ce n’est pas seulement auprès de la reine que M. Laborde jouit d’un très grand crédit, il est très bien vu de la noblesse et du peuple.

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