Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!
Flash
    Préc Suiv

    Ida Pfeiffer: Voyage à Madagascar (133)

    Ce prince est également aimé et estimé des grands et des petits, et, au dire de MM. Lambert et Laborde, il mérite entièrement cette estime et cet amour. Autant la reine sa mère est cruelle, autant le fils est bon ; autant elle aime à verser le sang, autant il en a une horreur invincible. Aussi tous les efforts du prince tendent-ils à empêcher le plus possible les exécutions sanglantes et à adoucir les châtiments rigoureux que la reine inflige à ses sujets. À toute heure, il est prêt à écouter les malheureux et à leur venir en aide ; il a défendu à ses esclaves de la manière la plus sévère de renvoyer qui que ce fût sous le prétexte qu’il dormait ou prenait son repas. Les gens qui le savent viennent souvent au milieu de la nuit éveiller le prince et implorer son secours pour des parents qui doivent être exécutés le lendemain de grand matin. S’il ne peut obtenir leur grâce de sa mère, il prend comme par hasard le même chemin au moment où les malheureux, liés avec des cordes, sont conduits au lieu du supplice, et il coupe leurs liens et les engage à fuir ou à rentrer tranquillement chez eux, selon qu’ils doivent courir plus ou moins de danger.

    Quand on rapporte ensuite à la reine la conduite tenue par son fils, elle ne fait pas la moindre observation. Seulement elle cherche à garder le plus secrètes possible les condamnations et à en hâter l’exécution. Le jugement et le supplice se succèdent si rapidement que, quand par hasard le prince est absent de la ville, le message lui arrive trop tard pour qu’il puisse intervenir.

    Il est étrange qu’avec cette différence complète de caractères la mère et le fils aient l’un pour l’autre la plus tendre affection. Le prince a le plus grand attachement pour la reine ; il cherche à excuser de toutes manières ses cruautés, et rien ne lui fait plus de peine que la pensée que sa mère pourrait ne pas être aimée.

    Le noble caractère du prince est d’autant plus digne d’admiration que, dès sa plus tendre enfance, il a toujours eu devant les yeux le mauvais exemple de sa mère et qu’on n’a rien fait pour son éducation. Sur cent cas semblables, quel fils n’eût-on pas vu adopter les préjugés et les défauts de sa mère !

    www.bibliothequemalgache.com

    Les commentaires sont fermées.