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    Chronique: Comme la capitale a changé de visage

    Comme chaque année, à la même période, les menaces d’éboulements de rochers et de glissements de terrains sur la haute ville et en particulier à Ampamarinana sont réelles à cause de la pluie incessante.

    Ce sont 1580 habitations et plus de 5 000 habitants qui sont concernés par ces dangers. Mais malgré tous ces risques, les habitants qui y vivent montrent une certaine réticence à quitter leurs maisons. Cela se comprend car c’est leur seul bien.

    Ces habitants ne sont pas inconscients du danger qu’ils encourent, mais faute de moyens financiers, ils ne peuvent pas faire d’autres investissements pour se construire ailleurs une nouvelle maison bien mieux sécurisée.

    Bien évidemment, pour le BNGRC, il n’est pas question de laisser ces récalcitrants à quitter leur logis de braver tous les dangers qui constituent en quelque sorte, une épée de Damoclès suspendue au-dessus de leur tête.

    Le BNGRC a déjà annoncé qu’il procèdera à l’expulsion de force de tous ceux qui ne suivront pas ses directives si besoin est, et qu’il est prêt à les reloger temporairement dans des sites d’hébergement déjà aménagés prêts à les recevoir.

    Il faut reconnaître que le BNGRC est déjà rompu à ce type de situation dans la mesure où c’est un scénario qui se reproduit habituellement depuis quelques années.

    Mais le plus important et malheureusement personne n’en parle encore, c’est que, dans le temps, si on n’entreprend pas des travaux de consolidation aujourd’hui, on risque d’arriver à une situation irréversible de la haute ville.

    Au fil des ans, c’est le paysage de la haute ville qui risque de connaître un grand changement radical. Effectivement, on se contente d’expulser les habitants sans réaliser les moindres travaux de renforcement de manière à ce que les éboulements ne se reproduisent plus.

    Pourquoi ? Peut-être bien, pour une raison ou une autre, pour empêcher que les habitants qui y ont été délogés ne reviennent plus.

    Toujours est-il que la capitale a, depuis quelques années, complètement changé de visage. En bien ou en mal ? C’est à tout un chacun de répondre ! Entre autres changements, citons la gare de Soarano qui n’a plus de gare que le nom : aucun train n’y passe plus. Autre signe distinctif d’antan de la capitale: le marché hebdomadaire du Zoma. Pourtant ce marché faisait le charme et la renommée d’Antananarivo de par le monde. Aujourd’hui, plusieurs générations de tananariviens ne savent plus ce que c’est le Zoma.

    Ce changement de visage de la capitale se poursuivra avec tous les nouveaux grands projets qui sont déjà programmés. Et si en plus on laisse faire les glissements de terrain ainsi que les éboulements, il se pourrait bien, qu’un jour, le palais de Manjakamiadana finisse par disparaître, peut-être pas de notre vivant, mais celui de nos descendants.

    Aimé Andrianina

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