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    Ida Pfeiffer: Voyage à Madagascar (167)

    Quand cette petite société de singes eut dansé quelques polonaises, quelques écossaises et quelques contre-danses, contre mon attente, bien exécutées, elle fit, avec de profondes révérences, place à une société plus nombreuse, dans laquelle les hommes portaient également l’ancien costume espagnol et les femmes l’ancien costume français.

    Tous ces différents costumes sont commandés par la reine, d’ordinaire d’après des gravures ou des tableaux qui lui passent sous les yeux. Les dames ajoutent aux prescriptions royales ce que leur inspire leur goût et leur esprit inventif, qui peuvent l’un et l’autre prétendre à la plus grande originalité dans la combinaison des couleurs. Je décrirai un de ces costumes pour que mes lectrices puissent s’en faire une idée. La robe était en velours de soie bleu et garnie dans le bas d’une bordure de couleur orange, surmontée d’une large bande de satin rouge cerise. Le corsage, également en satin et à longues basques, était d’un jaune soufre éclatant, et par-dessus se drapait un châle de soie vert clair. La tête était tellement chargée de fleurs artificielles raides et massives, de plumes d’autruche, de rubans de soie, de perles de verre et de toutes sortes de passementeries, qu’on ne voyait absolument rien des cheveux, ce en quoi, il est vrai, la dame ne perdait rien. Je la plaignais seulement à cause du fardeau qu’elle avait à porter. Il y avait de semblables contrastes de couleurs dans les costumes des autres dames ; quelques-unes avaient même encore imaginé un nouvel embellissement, un haut chapeau terminé presque en pointe dans le genre à peu près de ceux des paysans du Tyrol.

    La société des danseurs, appartenant généralement à la haute aristocratie, exécuta, après différentes danses européennes, la Sega, que les habitants de Madagascar veulent faire passer pour une danse indigène, mais qui vient des Maures et dont les figures, les pas et la musique sont si jolis qu’elle n’aurait besoin que d’être connue en Europe pour y être bientôt à la mode.

    www.bibliothequemalgache.com

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