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    Ida Pfeiffer

    Voyage à Madagascar (168)

    Après cette belle danse, le bal fut encore longtemps loin de finir. Après un court entr’acte, pendant lequel on ne servit pas de rafraîchissements, l’élite de la société, composée de six couples, entra dans la cour. Les danseurs étaient le prince Rakoto, MM. Laborde père et fils, deux ministres et un général ; les danseuses, toutes des princesses et des comtesses. Ces messieurs étaient également vêtus de l’ancien costume espagnol, à l’exception du prince, qui portait un costume de fantaisie de si bon goût qu’il aurait pu se présenter avec, sans crainte, au bal dans toutes les cours d’Europe. Il avait un pantalon de drap bleu foncé garni de galons d’or, une espèce de cotte d’armes en velours brun, également ornée de galons et des plus fines broderies en or et une barrette en velours de la même couleur avec deux plumes d’autruche retenues par une agrafe d’or. Tout allait si bien, les broderies étaient si belles, que je pensais que M. Lambert avait porté la mesure du prince à Paris et y avait fait confectionner les habits. Mais je me trompais. Tout, à l’exception des étoffes, avait été fait à Tananarive ; ce qui est une preuve que, si les habitants de Madagascar n’ont pas le don de l’invention, ils sont, en revanche, imitateurs très habiles.
    Ce groupe de danseurs se présentait très bien ; car les autres messieurs ainsi que les six dames étaient vêtus plus richement et avec plus de goût que ceux qui les avaient précédés. Ils n’exécutèrent que des danses européennes.
    Les danseuses de la cour terminèrent le bal comme elles l’avaient ouvert.
    Toute la fête avait duré trois heures et n’avait pas causé les moindres frais à la reine. La cour avait servi de salle de danse, le soleil avait fait les frais d’éclairage, et, pour les rafraîchissements, chacun pouvait en prendre autant qu’il voulait, une fois rentré chez lui. Heureuse reine ! combien nos donneurs de bals en Europe doivent l’envier !
    10 juin. – Nouveau bruit et chants dans la rue. Je courus aussitôt devant la porte de la maison, et je vis de longues processions d’hommes, portant des pierres et de la terre dans des paniers.

    www.bibliothequemalgache.com

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