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    Ida Pfeiffer: Voyage à Madagascar (170)

    J’attendis avec patience ce que Dieu aurait décidé. Mais il n’arriva rien de plus. Le reste de la nuit se passa tranquillement, et le lendemain j’appris qu’on n’avait rien entrepris et que le moment favorable n’était pas encore venu.

    Je commençais réellement à craindre que ce long retard ne fît tout échouer, d’autant plus que les réunions n’étaient pas entourées de beaucoup de mystère, qu’il y avait beaucoup de gens dans le secret, et que parmi les nobles et les officiers, en apparence dévoués au prince, il pouvait facilement se trouver un traître. C’était peut-être aussi beaucoup la faute du prince. Comme je l’ai déjà remarqué, il a de très bonnes et très nobles qualités, mais il manque de résolution et de caractère ; d’ailleurs, son amour pour la reine est si grand qu’au moment décisif il pourrait bien manquer du courage nécessaire pour entreprendre quelque chose contre elle. Pourtant il devrait songer qu’il ne s’agit pas du tout de priver la reine de sa liberté ni de la dépouiller de ses honneurs et de ses richesses, mais qu’on ne veut que lui ôter le pouvoir de commettre tant de cruautés et d’actes sanguinaires qui plongent ses sujets dans la misère et les réduisent au désespoir. Le fils, qui aime et vénère sa mère par-dessus tout et qui, par cette raison seule, cherche à l’empêcher de rendre tout un pays malheureux, n’a certainement rien à se reprocher. Puisse Dieu fortifier son cœur et lui donner le courage de devenir le sauveur de son peuple !

    12 juin. – M. Lambert eut un si fort accès de fièvre qu’il fut plusieurs jours dans le plus grand danger. Mais il n’observait pas non plus la moindre diète. Dès qu’il se sentait un peu mieux, il mangeait de tout comme ça lui passait par la tête, du pâté froid de Strasbourg, de la viande, des fruits, et buvait avec cela du champagne et d’autres vins. Et comme ce que faisait M. Lambert tous les Européens le font, il ne faut pas s’étonner que tous ceux qui sont attaqués de la fièvre y succombent. Pendant que j’étais encore à Maurice, il y était venu de Tamatave même un monsieur d’un très grand embonpoint, qui resta plusieurs jours chez M. Lambert pour y attendre une occasion d’aller à Bourbon. www.bibliothequemalgache.com

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