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    Ida Pfeiffer: Voyage à Madagascar (171)

    Ce monsieur prétendait avoir la fièvre de Madagascar, et, quand il parut au déjeuner, il se plaignit d’avoir été toute la nuit tourmenté par la fièvre. On lui avait préparé, à cause de cela, un excellent bouillon gras qu’il trouva parfait, mais dont il fut loin de se contenter, car il mangea une grosse tranche de melon et goûta tant et tant des autres mets que j’en aurais eu assez pour une semaine entière, et il termina son repas par une mangue. Il ne goûta pas moins des différents vins, et le soir, au dîner, il montra un appétit à faire croire qu’il n’avait rien mangé de la journée.

    À Tananarive, j’eus souvent occasion de voir manquer à la diète, et, quand je faisais une remarque à ce sujet, on me faisait cette réponse sensée : « Que voulez-vous, c’est la coutume du pays ; les gens de Madagascar prétendent que la fièvre affaiblit beaucoup et qu’il faut chercher en mangeant à réparer les forces qu’on a perdues. » Cette croyance est si bien établie dans le peuple que, plus un homme est malade, plus on le force à manger, et que, quand un Malgache est à l’article de la mort, on lui fourre encore du riz dans la bouche. Le malheureux meurt-il aussitôt après, ces gens s’écrient tout étonnés : « C’est extraordinaire ! il n’y a qu’un instant il mangeait encore ! » Et, comme les stupides et grossiers habitants de Madagascar le font, les sages Européens doivent les imiter.

    13 juin. – Aujourd’hui, j’eus le grand honneur de montrer mon talent ou plutôt mon ignorance sur le piano devant la reine. M. Lambert lui avait, la première fois qu’il était venu à Tananarive, fait cadeau d’un piano de Debain, de Paris. C’était un de ces pianos qu’on ne touche pas seulement avec les doigts, mais dont on peut jouer comme on joue d’un orgue à manivelle, au moyen d’une sorte de clef.

    Déjà à Maurice M. Lambert m’avait parlé de ce clavecin et m’avait dit que la reine n’en avait pas encore entendu jouer, et que ce serait sans doute pour elle une grande surprise. Dans ma jeunesse, j’avais été assez forte sur le piano, mais il y avait longtemps de cela. Depuis plus de trente ans j’avais tout à fait abandonné la musique, et j’avais tout oublié. www.bibliothequemalgache.com

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