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    Mercredi des idées en goguette: Télé féérique

    Il continue de diviser l’opinion, le projet de mise en place d’un téléphérique dans la capitale.

    Les mêmes démonstrations et autres raisonnements se ressassent depuis que le projet a été jeté en pâture sur la scène publique, notamment du côté de ceux qui s’y opposent, en l’occurrence les calculs de rentabilité, l’état de délabrement de plusieurs portions de rues de la capitale, ou encore l’aspect énergétique de ce nouveau mode de transport. L’un des doutes émis sur sa viabilité repose en effet sur la production électrique actuelle qui peine à assurer de manière continue la consommation des usagers qui souffrent indéniablement. A ce propos, les délestages ont pris des proportions dantesques depuis quelques jours à la suite de l’incendie survenu au niveau de la centrale hydroélectrique d’Andekaleka. Ils surviennent d’ailleurs à des moments charnières tels que les périodes de fêtes et se renforcent étrangement le jour du passage du chef de l’Etat sur les lieux de la centrale. L’enquête sur l’incendie est en cours mais la piste du sabotage est de plus en plus privilégiée.

    Cela étant, pour en revenir au téléphérique, les explications auront beau s’enchaîner et les responsables s’échiner à relever qu’il ne s’agit pas à proprement parler d’une dette mais d’une forme de partenariat public-privé (dans lequel il n’est d’ailleurs pas rare de retrouver des contrats de type build, operate, transfer) ; que c’est une des solutions à envisager puisqu’il s’avère impossible s’étendre les artères de la capitale, à moins de se lancer dans une opération d’expropriation à grande échelle, ce qui serait tout simplement inenvisageable ; que la maîtrise des prix des PPN, l’amélioration de l’approvisionnement en eau et électricité, la réhabilitation de routes, ou encore la lutte contre le kere dans le Sud font l’objet d’autres financements et projets déjà en cours… Rien n’y fera car c’est désormais devenu un objet d’argumentation politique. Clairement, au stade actuel des débats, le positionnement des uns et des autres définit leur avis sur le sujet, quand les partisans du pouvoir en place se déclarent favorables et que ses détracteurs se montrent hostiles. Même parmi les simples citoyens.

    Cimetière de projets

    Dans tous les cas, à l’instar de nombreux autres projets, celui-ci se voit à son tour apposer le sceau du refus systématique. Par rapport aux prévisions, la construction d’une nouvelle ville en périphérie d’Antananarivo a pris du retard en raison des réticences des locaux, et est moquée par une frange de l’opinion qui semble ainsi penser qu’il faut persister à s’entasser dans une capitale d’ores et déjà asphyxiée par l’accroissement démographique. A quelques encablures de là, un peu plus au Sud, un projet minier reste au point mort jusqu’à présent pour cause, paraît-il, de refus des populations riveraines de l’exploitation. Sans préjuger de la véracité des versions des uns et des autres, les pylônes d’antennes-relais de téléphonie mobile ont, un peu partout dans le pays, été de nombreuses fois accusés de tous les maux, notamment celui de générer des rayons nocifs et cancérigènes… Et l’on se plaint de la qualité des réseaux téléphoniques, au point, notamment, qu’une commission parlementaire a vu le jour. Ce ne sont que quelques illustrations de ces projets qui risquent malheureusement de rester au stade de projet ou de connaître des lendemains difficiles. Parce qu’on n’en veut pas, parce les rumeurs et ouï-dire ont suffi à en faire le procès, ou tout simplement parce qu’on n’apprécie pas les initiateurs. A ce rythme, ce ne sera plus seulement l’image d’une partie de l’île qui sera, à tort ou à raison, associée à celle d’un cimetière de projets, mais celle du pays tout entier.

    Nul n’est sans savoir que presque toutes les infrastructures routières du pays datent de la période coloniale et pourtant, on ironise à l’annonce de la construction de nouveaux axes routiers. Il semblerait qu’on ait la nouveauté et les changements en horreur alors qu’on se morfond chaque de retrouver son pays dans les tréfonds des classements en tout genre. Difficile de progresser quand les mentalités n’évoluent guère. De surcroît, lorsque les considérations politiques viennent y jeter leur grain de sel pour profiter de la pauvreté d’une population et en faire chaque fois un motif pour rejeter toute nouvelle initiative, cela semble tout simplement utopique.

    N.R.

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