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    Ida Pfeiffer: Voyage à Madagascar (173)

    On nous assigna des places au rez-de-chaussée, dans la galerie du palais d’argent, où l’on avait déjà mis des chaises pour nous. La large porte qui conduit dans la cour fut ouverte toute grande, on apporta le piano et on le plaça juste sous la porte, de manière que la reine pût de son balcon voir les touches.

    Pendant ces préparatifs, j’eus l’occasion d’examiner la salle de réception du palais d’argent, qui, comme mes lecteurs se le rappellent, appartient au prince Rakoto. C’est un grand et beau salon, décoré entièrement à l’européenne. Les meubles sont riches sans être surchargés, et de bon goût. Conformément à la coutume de Madagascar, il y avait aussi dans ce salon un lit ; c’était un lit vraiment royal, où ne manquaient ni les dorures ni les rideaux de soie, et dans lequel, à ce qu’on m’assura, personne n’avait encore dormi ; mais, pour des yeux européens, cela choque toujours de voir un pareil meuble dans un salon de réception.

    Ce qui me choqua pourtant encore plus, ce furent les dessins et les peintures qui décoraient les murs de ce salon, produits précieux d’artistes indigènes, représentant des officiers en uniforme rouge et des femmes vêtues à l’européenne. Je ne savais ce que je devais le plus admirer dans ces fresques, le dessin ou la peinture. Le dessin était raide et sans expression, comme dans les plus mauvais portraits chinois ; la peinture était un tel chaos de couleurs dures et tranchantes, barbouillées sans ombres ni lumière, que je ne me serais jamais figuré qu’on pût voir pareille chose. Mais ce qu’il y avait de plus comique, c’était le paysage qui y était joint et qui était formé de petits arbres entre lesquels étaient les figures. Comme ces dernières n’étaient que des bustes et que l’ingénieux artiste avait voulu néanmoins indiquer que les arbres sortaient de terre, il avait tiré, à hauteur de la ceinture, d’une personne à l’autre, une raie verte qui devait représenter le sol, ce qui avait produit d’une manière tout inattendue ce merveilleux effet, qu’il semblait que les gens fussent ensevelis jusqu’à mi-corps. De la raie verte s’élevaient des lignes brunes figurant le tronc des petits arbres et montant tout droit jusqu’à l’épaule des figures, à laquelle hauteur quelques taches vertes devaient indiquer une couronne de feuillage.

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