Offre locale insuffisante: les professionnels de l’élevage vont importer 45.000 tonnes de maïs

La production locale de maïs ne satisfait plus la demande. Elle est réduite de moitié en dix ans, alors que cette denrée coûte cher. Pour réguler l’approvisionnement et combler le gap, les professionnels de l’élevage vont importer 45.000 tonnes de maïs non concassé

De 1.000 ariary en juin 2021, le prix d’un kilo de maïs est passé à 1.100 ar/kg en juin 2022 pour atteindre 1.700 à 1.800 ar/kg en juin 2023. Pis encore, depuis juin, ce prix augmente de 30 à 40 ar/kg, chaque semaine.
La hausse sans précédent du prix du maïs, a atteint 2.700 ar/kg en mars et avril de cette année. Cela a entraîné une « conséquence désastreuse » sur la filière aviaire et l’élevage en général. Car les prix des produits d’élevage (œufs, viandes…) ne suivent pas le même rythme, pour la simple raison que le pouvoir d’achat des consommateurs s’effrite de jour en jour.
« D’habitude, ce prix aug­mente de manière significative, après la fête nationale, et à son plus nouveau en novembre-décembre, pour ne plus redescendre qu’en avril prochain, après la récolte dans la grande partie des bassins de production. A ce rythme, ce prix pourra monter jusqu’à plus de 2.800 à 3.000 ar/kg aux mois d’octobre et novembre», a évoqué hier devant la presse Mira Rakotondran­dria, secrétaire générale de l’Interprofession aviaire de Madagascar (IPA).
La provende fabriquée à partir de maïs, par les professionnels et les éleveurs eux-mêmes, constitue la base alimentaire des poulets de chair, poules pondeuses, porcs et des vaches laitières. Cette demande locale est aussi propulsée par les besoins alimentaires pour atténuer la famine dans le Sud, sans parler ceux de la brasserie. C’est pourquoi ce gap de 150.000 tonnes sur une demande de 400.000 tonnes destinées à la fabrication de provende, selon le Malagasy professionnel de l’élevage (MPE) et l’IPA Madagascar.
Ces derniers dénoncent également une spéculation perpétrée par des gros producteurs et des collecteurs qui ont prétexté la guerre en Ukraine, face à l’augmentation des prix des PPN.

Production réduite de moitié en dix ans

De 2012 à 2022, la production a diminué de moitié. Les statistiques du ministère de l’Agriculture et de l’élevage montrent que la production nationale avait at­teint 447.000 tonnes en 2012, avant de baisser à 266.000 tonnes l’année dernière.
La faible offre nationale en maïs est due essentiellement à la baisse de la capacité financière des producteurs, suite à l’impact du Covid-19, à la flambée des prix des engrais minéraux avec une hausse de 300% entre juin 2020 et novembre 2022 et des produits phytosanitaires utilisés contre la chenille légionnaire d’automne qui peut causer une perte de 30 à 40% des récoltes

45.000 tonnes de maïs à importater

Comme solution à court terme, le MPE et l’IPA vont importer 45.000 tonnes de maïs non concassé, pour réguler l’approvisionnement et combler le gap. Ce, suite à l’octroi d’autorisation d’importation émise par le ministère de l’Agriculture et de l’élevage avec le ministère de l’Industrie, du commerce et de la consommation (Micc). Et d’après toujours la SG de l’IPA, « Cette importation contribuera à combler les besoins des opérateurs industriels et des grands éleveurs. Ce maïs importé pour­rait être vendu à 1.500 à 1.600 ar/kg arrivé à Antana­narivo ».
Dans cette démarche, ces deux entités demandent au ministère de l’Economie et des finances une exonération des droits de douane de 10% à l’importation du maïs non concassé. Elles comptent aussi sur le Minae et le Micc, pour plaider en faveur de la filière aviaire et du secteur élevage en général, en faisant en sorte que le coût des intrants ne fasse pas grimper les prix des produits d’origine animale, surtout les œufs et les poulets.
La solution à moyen et long terme à ce problème reste « l’augmentation de la production nationale » en stimulant le rendement qui est encore de 1t/ha actuellement.

Arh.

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