Dans un entretien accordé à l’Express de l’Hexagone, le chef de l’Etat, Andry Rajoelina, s’est exprimé sur plusieurs sujets de coopération et de son mandat, y compris sur les îles Eparses.
La revendication des îles Eparses empoisonne-t-elle les relations de Madagascar avec la France ? Andry Rajoelina a indiqué que ce n’est pas le cas. Il a toutefois souligné qu’il s’agit d’un sujet « d’une grande importance qu’il nous faut résoudre ».
« Les îles Eparses font partie de notre identité, et je pense qu’en poursuivant notre dialogue nous pourrons trouver un terrain d’entente », a soutenu le président, tout en notant qu’une commission mixte rassemblant les ministres malgache et français des Affaires étrangères, doit se réunir prochainement pour avancer sur ce sujet. Il a également ajouté qu’il rencontrera le président français Emmanuel Macron ce mois-ci, et que le sujet sera abordé.
Selon le Chef de l’Etat, il existe « une compréhension mutuelle » entre lui et son homologue français, Emmanuel Macron et qu’ils discutent d’égal à égal. « Nous pouvons nous parler en toute franchise et essayer de trouver une solution à chaque problème », a-t-il poursuivi. Ce qui n’est pas toujours le cas avec d’autres responsables, selon lui.
« Nous ne nous sentons pas toujours écoutés ni compris, ce qui gâche les relations. Cette attitude explique les nombreuses frictions qu’il y a aujourd’hui entre l’Afrique et les autres pays occidentaux », a déclaré le président. D’après lui, au lieu d’avoir un dialogue, de l’écoute et des échanges, il y a parfois chez les Occidentaux une tentative d’imposer leur point de vue. « Et ce n’est pas une bonne chose, parce que nous sommes tous des pays souverains et qu’il faut établir un respect mutuel », poursuit-il.
Pressions
Et lui de soutenir, « Nous avons besoin d’un partenariat, mais nous ne voulons pas que l’on nous impose ce que nous devons faire ». « L’Afrique ne veut pas recevoir de leçons des pays occidentaux, donc il faut un changement sur la façon de faire ». Il a pris comme exemple le cas lors des votes aux Nations Unies. « Que cela concerne nos politiques ou les votes aux Nations unies, il y a parfois des pressions sur les décisions qui sont prises. Mais il faut prendre en considération notre voix. C’est un point important à améliorer dans nos relations ».
En ce qui concerne les français Philippe Marc François et Paul Maillot Rafanoharana, impliqués dans l’affaire Apollo 21, notamment leur transfert vers la France, le locataire d’Iavoloha souligne que la Justice malgache est indépendante. « La situation de ces deux Français fait actuellement l’objet de discussions avec les autorités françaises », annonce-t-il.
Recueillis par J.P




