Gouvernance halieutique: la lutte contre la pêche INN au cœur des actions

En dépit des mesures prises, la pêche illicite non déclarée et non réglementée (INN), ayant une incidence néfaste sur la biodiversité marine, les moyens de subsistance et la sécurité alimentaire des communautés côtières, est loin d’être éradiquée. Une collaboration régionale et internationale s’impose.

La célébration de la journée internationale contre la pêche INN est une occasion pour débattre du sujet. Le ministère de la Pêche et de l’économie bleue en collaboration avec l’ambassade américaine à Madagascar et aux Comores ainsi qu’au Blue ventures conservation Madagascar et à l’Institut halieutique et des sciences marines (IHSM), ont organisé un symposium de trois jours depuis hier à Ampandrianonmby, avec la participation des experts de la pêche, des représentants du gouvernement, de la société civile et du secteur privé de ces nations insulaires.
Selon les Nations Unies, plus de 600 millions de personnes dépendent de la pêche et de l’aquaculture pour leur subsistance, mais les ressources halieutiques sont de plus en plus menacées par la pêche illicite, non déclarée et non réglementée. Pour les Etats-Unis, il est vital que les pays de l’océan Indien conjuguent leurs efforts, pour venir à bout de cette pratique néfaste. D’où la tenue de ce symposium dans l’objectif commun de promouvoir la sensibilisation, de faciliter la réforme des politiques, de développer une stratégie régionale de lutte contre la pêche INN et de renforcer le réseau d’acteurs dans l’océan Indien occidental. A noter que Blue Ventures bénéficie d’une subvention de 227.000 de dollars de la part du Département d’Etat américain, pour mener à bien ces actions.

Vers une stratégie nationale
“Dans le cadre de l’amélioration de la gouvernance des pêches, nous nous sommes engagés à adhérer à l’Initiative pour la Transparence dans les Pêches (FiTI) et aujourd’hui nous sommes devenus un pays candidat. Madagascar aura bientôt sa propre stratégie et un plan national de lutte contre la pêche INN et compte signer des accords de partenariat avec des ONG telles que Sea Shepherd et Global Fishing Watch pour la mise en œuvre de ce document », a rappelle, le Ministre de la Pêche et de l’Economie Bleue Tsimanaoraty Paubert Mahatante, dans son allocution.
De son côté, la sous-secrétaire adjointe pour les océans, la pêche et les affaires polaires du département d’État américain, a souligné l’engagement continu des Etats- Unis : “La lutte contre la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (ou pêche INN) est une priorité mondiale du gouvernement américain. Nos ambassades dans les pays insulaires de l’océan Indien occidental ont fait de la pêche INN un élément central de leur travail… Nous encourageons les autres nations de la région à envisager de rejoindre également la FiTI, et la région de l’océan Indien occidental pourrait devenir un leader mondial dans la mise en place d’une collaboration et d’une coordination accrues en matière de politique de la pêche ».

Perte économique importante
A Madagascar, la pêche INN engendre de perte économique important, au détriment de ce secteur porteur qui contribue à hauteur de 7% au Pib national du pays, avec une production annuelle de 750 millions de dollars, selon la Banque mondiale. Le secteur de la pêche fait également vivre près de 1,5 millions de Malgache.
Et pourtant, la pêche INN dans les zones de pêche de Madagascar connaît une tendance à la hausse, selon le constat du Centre de fusion d’informations maritimes (CIFM). Pour l’année 2020, la pêche INN représente 3% de l’ensemble des évènements et incidents maritimes rapportés auprès du centre. Cette année là, jusqu’à 9.000 kilos de produits halieutiques ont été capturés et collectés illégalement.

R.R.

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