Havana Resort fait partie des établissements qui accueillent les délégations dans le cadre des Jeux des îles de l’océan Indien. Tahiana Razanamahefa, directrice de l’hôtel depuis 2019, parle d’un “grand bol d’air” pour les établissements hôteliers et se montre enthousiaste pour le second semestre. Celle qui est aussi directrice de la communication et relations publiques du groupe STOI auquel appartient le Havana Resort livre au passage un diagnostic de la relance économique volet tourisme. Entretien.
Quelles répercussions les Jeux des îles peuvent-ils avoir sur votre activité ?
Nous affichons complet jusqu’au 5 septembre. C’est un grand bol d’air pour nous ! Notre établissement fait partie de ceux qui vont accueillir les délégations. Quelques-uns ont commencé à arriver à Madagascar et ils vont rester à peu près 15 jours. Des appels ont été lancés notamment par la Présidence et le ministère du tourisme pour les établissements hôteliers qui souhaitaient accueillir ces délégations-là. On s’est inscrit rapidement. Tout se passe bien au niveau de la collaboration avec l’Etat et le secteur privé dans ce sens. Cela nous permet aussi de bien préparer l’accueil des participants, d’assurer leur bien-être, au niveau de l’hébergement mais aussi la restauration (…) c’est également une manière de mettre en valeur l’hospitalité malagasy.
Dans le cadre de la 11e édition des Jeux des îles de l’océan Indien, Madagascar va accueillir 4.000 à 4.800 personnes. On sait que le secteur du tourisme a vécu une période difficile par rapport à l’épisode coronavirus, donc on remercie l’Etat de donner cette opportunité à tous les établissements hôteliers justement pour donner un coup de pouce au secteur.
Comment visualisez-vous le second semestre ?
On est plutôt positif ! Nous avons pas mal de réservations jusqu’en octobre, novembre, c’est-à-dire donc juste avant les fêtes de fin d’année. Concernant le taux de remplissage depuis la relance économique, il y a eu vraiment un dynamisme par rapport à nos îles sœurs, avec un taux de remplissage jusqu’à 70% depuis le mois de janvier 2023. C’était à partir de là qu’on a vu que l’établissement était quand même bien placé sur le circuit.
Vous parlez de dynamisme. Est-ce au même niveau que 2019 ?
Pas encore ! Parlons plutôt du dynamisme dans le sens où c’est un bon démarrage (…) Mais je reste plutôt confiante, nous pouvons avoir un résultat positif par rapport à l’année dernière. D’autant plus que le salon du tourisme cette année a permis à Madagascar d’avoir une bonne visibilité et on espère que cela va continuer dans ce sens. On reste confiant et on espère toujours que la collaboration entre l’État et le secteur privé va continuer et s’améliorer dans ce sens.
Que propose votre établissement ?
Havana Resort and Spa a ouvert ses portes en janvier 2018, c’est un établissement hôtelier 4 étoiles. 100% malagasy, l’hôtel met en valeur notre culture alliée à la modernité. On possède à peu près 46 chambres. Nous proposons également aux clients des appartements équipés, notamment pour les étrangers qui sont en mission à Madagascar. Nous avons un SPA, deux niveaux de restauration et un rooftop, puis les salles de séminaires qui peuvent accueillir des évènements divers comme des conférences ou des mariages.
Qui sont vos clients cibles ?
Déjà, il y a des touristes, mais en majeure partie, ce sont plutôt les organismes internationaux qui viennent à Madagascar. Avec la réouverture des frontières depuis juillet 2022 donc, ils ont commencé à revenir. Ici, on a également eu des investisseurs. Il y a aussi la diaspora qui n’a pu rendre visite à la famille durant pendant la crise sanitaire.
Justement, comment avez-vous fait pour faire face à la crise sanitaire ?
Pour notre part, l’épisode coronavirus a été plutôt positif dans le sens où nous avons pris la décision de ne pas fermer l’hôtel. Notre établissement emploie une centaine de personnel. D’autant plus que l’hôtel était sur la liste des établissements agréés pour accueillir les clients en confinement par rapport aux règlements qui étaient en vigueur de l’époque dont ceux qui devaient faire un confinement d’une dizaine de jours jusqu’à la sortie des résultats du test covid. On a pris toutes les mesures nécessaires. Bien évidemment, nous avons suivi les consignes imposées par l’État comme les couvre-feux par exemple. On a suivi un protocole sanitaire car il y avait le personnel des médecins du ministère de la santé qui nous a formés. Comme il y a eu le covid, il a fallu qu’on diversifie nos activités. On fait aussi du service traiteur et cela a aussi quelque peu pallié le manque à gagner durant cette période. Pendant la crise sanitaire également, on s’est approché des fournisseurs malagasy. C’était à partir de là qu’on a vraiment essayé d’offrir et de faire justement des offres promotionnelles. On a fonctionné de cette manière, jusqu’à la réouverture des frontières en 2022.
Quelles stratégies avez-vous mis en place pour la relance économique ?
Nous avons décidé de faire une promotion du tourisme national, d’inciter les clients locaux à venir, à sortir les week-ends.
Nous avons déployé des efforts dans la digitalisation et sommes très présents sur les réseaux sociaux. On peut faire des réservations chez nous via les plateformes comme Booking, ou Expedia. Justement, on a vu qu’il y a une augmentation de réservations par rapport à la période Covid parce que cela nous a fait un peu de la pub pour les étrangers qui devaient faire des confinements, et qui en donc parlé à leur entourage.
Concernant la relance économique, nous travaillons beaucoup avec le ministère du tourisme. En octobre de l’année dernière, nous avons accueilli des tours opérators. Cela faisait partie justement de cette promotion post covid que le ministère a mis en place et avons pu accueillir une quinzaine de tour operator qui séjournaient gratuitement chez nous. En contrepartie, ils font la promotion de l’hôtel mais aussi de la destination Madagascar. Cela nous a permis d’être présents par rapport aux autres hôtels qui existent dans la capitale.
Nous faisons aussi la promotion des sites qu’on trouve à Tana. On a des touristes qui viennent séjourner chez nous. Au lieu de partir directement en province, on leur propose une visite du Palais de la Reine ; nous avons aussi à Mantasoa, une île qui appartient à notre groupe et on essaye vraiment de combler ça surtout pour les touristes qui viennent ici qui restent pour un week-end.
Tiana Ramanoelina