L’Etat va émettre des bons de trésor spéciaux appelés « BTS-Jirama-4 », pour financer la société d’Etat « Jiro sy Rano Malagasy », dans le cadre de l’accord de prêt n° L340. Le décret y afférent portant approbation d’un accord de prêt a été adopté en conseil des ministres, mercredi.
Depuis le début de cette année, l’Etat change de processus pour venir au secours de la Jirama. En effet, l’Exécutif a décidé de financer les activités de la société d’Etat, non plus sous forme d’une subvention mais de prêt d’Etat, soit via des Bons de trésor spéciaux (BTS). Ce sera désormais ainsi que se manifestera l’appui financier de l’Etat envers la Jirama.
Pour ce faire, le conseil des ministres de mercredi
23 août a adopté le décret portant approbation d’une convention de prêt entre le ministère de l’Economie et des finances (MEF) et la Jirama. Ledit conseil ne livre cependant aucun détail sur les montants de ces prêts mais, les conditions et les modalités d’émission de ces BTS ainsi que leur remboursement sont expliqués dans le décret d’approbation. Cette décision confirme la distinction entre la Jirama et l’Etat, soulignant que l’administration centrale n’est pas tenue de régler les dettes de la société.
Cet accord de prêt fait suite à ceux déjà établis au mois de mai dernier. Il s’agissait effectivement de l’émission des « BTS-Jirama 2 » et « BTS-Jirama 3 », lesquels devaient permettre à la société d’Etat de régler une partie de ses factures d’achat d’énergie à ses prestataires fournisseurs d’électricité.
Redressement financier
Quoi qu’il en soit, grâce à ces prêts, la Jirama va pouvoir honorer ses obligations vis-à-vis de ses fournisseurs tout en espérant avancer pas-à-pas vers un redressement financier. Lors d’une rencontre avec la presse hier, le ministre de l’Energie et des hydrocarbures, Solo Andriamanampisoa, avait insisté sur la nécessité d’avancer dans ce sens.
Les actions entreprises dans cette optique partent effectivement du constat selon lequel les pertes de rendements coûtent chers à la société d’Etat. Selon Solo Andriamanampisoa, « Les pertes techniques acceptables ne doivent pas dépasser les 15% du rendement. Alors que dans le Nord du pays, le rendement optimal atteint 55% au maximum. Et 10% de recouvrement réalisés vaut plus de 100 milliards ariary pour la Jirama », a-t-il signifié.
Dans le principe d’aider la société d’Etat dans son redressement, l’appui de l’Etat se fait sous forme de prêt et ne devrait donc pas affecter le déficit budgétaire. La suite dépendra de la capacité de la Jirama à rembourser ces prêts.
Arh.