Entreprises: une contraction des activités constatée au premier trimestre

L’incertitude de la conjoncture économique, la fiscalité et le délestage sont les principales raisons évoquées par les entreprises pour expliquer les contraintes au développement des activités. C’est ce qui ressort de l’enquête sur la conjoncture économique (ECE), premier trimestre 2023, réalisée par la Banky Foiben’i Madagasikara (BFM).

Cette enquête est menée quatre fois par an auprès des entreprises dans tout Madagascar. Les réponses pour le premier trimestre de 2023 ont été recueillies auprès de 195 entreprises entre le 23 mars 2023 et le 10 mai 2023. “Les conjonctures du premier trimestre de 2023 ont été marquées par le recul des activités. La baisse saisonnière a été plus forte que celle attendue par les entreprises. Ces dernières prévoient une relance au cours du deuxième trimestre”, résume le document.

Ainsi, l’incertitude de la conjoncture économique a été avancée par 64,1 % des entreprises interrogées. “L’insuffisance de la demande, la concurrence des importations, les activités informelles, la corruption et l’insuffisance d’équipements ou de matériels ont continué de figurer parmi les facteurs limitant l’expansion des activités des entreprises”, souligne l’enquête.

Par ailleurs, en comparaison avec la situation du dernier trimestre de 2022, les entreprises ont déclaré que leurs activités ont reculé pendant le premier trimestre de 2023. Cela concerne le volume de ventes, les carnets de commandes, l’investissement et de l’emploi, ce qui a causé donc la baisse du bénéfice. Une baisse “quasiment la même que celle du premier trimestre de 2019 et plus importante que celle du premier trimestre 2018”.

D’après cette enquête, au premier trimestre 2023, les entreprises non-financières ont globalement connu une forte contraction de leurs activités, à l’exception de celles opérant dans le secteur primaire. “De janvier à mars 2023, les ventes ont chuté, selon 42,0 pour cent des chefs d’entreprise, tandis que 16,2 pour cent ont constaté une augmentation” détaille-t-elle. “Le volume des carnets de commandes a également baissé comme l’indique le solde d’opinion de -17,9 pour cent, après avoir été de +2,8 pour cent au trimestre précédent.”

Pour leur part, “Les entreprises du secteur secondaire ont relevé d’importantes baisses de leurs ventes pour deux trimestres consécutifs, passant d’un solde d’opinion de -69,8 à -26,1 pour cent. Dans le tertiaire, le solde d’opinion sur l’évolution des ventes au premier trimestre 2023 se place en territoire négatif (-38,3 %) pour la première fois depuis neuf mois. Pour le secteur primaire, les entreprises ont été moins affectées par les multiples chocs climatiques survenus en début d’année, enregistrant +9,3 pour cent en termes de solde d’opinion sur les ventes et les commandes” chiffre l’enquête.
Pour le second trimestre de 2023, les entreprises espèrent une réelle reprise et donc une hausse des ventes, de l’emploi et de l’investissement. (…) avec une anticipation d’une augmentation des ventes (+10,1 %) et des commandes (+4,4 %). Ce souhait est exprimé par 29,2% des entreprises pronostiquant sur une hausse des ventes contre 19,1% augurant une baisse.

Hausse du coût d’exploitation
Les chefs d’entreprises notent également une augmentation des coûts des intrants (hors énergie) et citent certaines difficultés comme les prix matières premières, les coûts des logistiques, les coûts d’entretien des véhicules, les prix des PPN et des denrées alimentaires ainsi que les prix des fournitures de bureau et consommables. “Au niveau des coûts d’exploitation hors énergie, la hausse correspondait à un solde d’opinion de +28,3 pour cent. Le secteur primaire a été le plus touché (+37,9 % en solde d’opinion), et le secteur tertiaire a été le moins concerné (+22,2 % en solde d’opinion). Par rapport à la taille, les petites entreprises ont été les plus affectées par l’augmentation des coûts d’exploitation (+40,9 % en solde d’opinion)”, détaille l’enquête.

Et d’avancer que “Dans un contexte inflationniste, 29,5 pour cent des entreprises anticipent une hausse des coûts des matières premières, contre 15,6 pour cent pour une baisse, donnant un solde d’opinion de +13,9 % pour cette rubrique. Les secteurs secondaire et tertiaire partageraient cet avis avec des soldes d’opinion respectifs de +14,1 pour cent et de +19,0 pour cent”.

D’autres obstacles ont été avancés par les entreprises dans l’exercice de leurs activités à savoir la persistance des coupures d’électricité qui occasionne une hausse des charges ; la capacité insuffisante en matière de puissance énergétique pour assurer le fonctionnement des machines industriels ; la cherté du prix des carburants ; la dégradation des infrastructures routières engendrant une hausse des prix des transports, des charges en pièces détachées entre autres ; l’insécurité urbaine et rurale grandissante ; la rareté des navires desservant les ports pénalisant énormément les activités d’importation et d’exportation ; l’augmentation de chèques impayés, dégradation du pouvoir d’achat des clients ; la crainte d’une forte dépréciation de l’ariary dans les prochains mois ; l’insuffisance de trésorerie pour répondre à des commandes urgentes ; l’insuffisance de mains d’œuvre qualifiés ; et enfin l’indisponibilité de matières premières et d’intrants en cas de commandes urgentes.

Tiana R.

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