Quand un régime, un gouvernement arrive à la fin de son mandat, il est d’usage qu’il présente toutes ses réalisations, c’est-à-dire, tout ce qui a été fait durant tout le temps pendant lequel il décidait de tout ce qui devrait être fait dans le pays. Et pour que bilan soit bien exhaustif, chaque département s’efforce de donner le maximum de détail de ses réalisations, quitte, éventuellement, à gonfler quelques chiffres.
Ainsi, un tel département parlera de kilomètres de routes qui ont été construites, réhabilitées… Un autre citera le nombre d’hôpitaux qui ont été nouvellement construits sans oublier le nombre de lits disponibles. Quant à un autre département, son rapport se basera sur le nombre de nouvelles écoles qui ont été créées pendant le mandat avec, bien entendu, le nombre de salles de classe qui peuvent être mises à la disposition des élèves.
La même démarche est adoptée quand il s’agit d’un régime, d’un gouvernement qui vient de s’installer. Mais cette fois-ci, on parle des objectifs à atteindre pendant la durée du mandat qui ne fait que commencer. Evidemment, cela va se résumer en kilomètres de routes qui vont être construites ou réhabilitées, de nombre d’écoles à construire dans les différentes régions, …
Des fois, tous ces chiffres donnent le mirage. Et souvent, on oublie l’essentiel, à savoir : A qui vont ils servir ? L’intervention du ministre des Relations Internationales et de la Coopération de la Namibie, Peya Mushalenga, dans le cadre du Forum diplomatique d’Antalya qui s’est récemment tenu en Turquie a mis le doigt dans la plaie. Il a déclaré : « Si nous parlons d’infrastructures, d’éducation et de progrès technologiques alors que les gens vivent dans la pauvreté, cela n’a aucun sens ».
Ce qui est bien vrai. Ils ne servent à rien s’ils n’ont pas un impact direct sur la population et plus précisément sur leur condition de vie. Effectivement, à quoi va servir un bel hôpital tout neuf disposant de toutes les installations modernes ainsi que des équipements sophistiqués
si les gens ne peuvent pas y admis faute de moyens ? Quelle est l’utilité d’une belle école construite dans les normes requises si les parents ne peuvent y envoyer leurs enfants en ne pouvant pas payer les cotisations exigées pour rémunérer les enseignants du Fram ?
La même question se pose pour les routes. A quoi servent-elles si la grande majorité de la population n’a pas les moyens de payer les frais de transport élevés qui sont de mise ? Seuls ceux qui ont des véhicules ou bien ceux qui peuvent se permettre de payer des frais de transport exorbitants pourront jouir du confort de ces routes. Sauf raisons majeures, les Malgaches voyagent de moins en moins. Non pas qu’ils ne veulent pas, mais ils ne peuvent pas. C’est le fond du problème.
Aimé Andrianina