Mayotte, une île de 375 km2 située à l’entrée du canal de Mozambique, à 400 km au nord-ouest de Madagascar, est en pleine phase d’industrialisation. Elle cherche à développer une industrie de transformation pour accéder aux marchés européens, nécessitant un approvisionnement en matières premières.
Nourdine Hakim, fondateur du Groupe Green Fish de Mayotte, a souligné l’importance de la coopération agricole et de pêche avec Madagascar. «La coopération avec Madagascar est cruciale pour atteindre les marchés européens», a déclaré le chef de délégation mahoraise, à la troisième édition du Salon international des acteurs économiques (SIAE) de Madagascar, qui se tient depuis hier jusqu’à samedi au Canal Olympia Andohatapenaka Antananarivo.
«Il est plus avantageux pour Madagascar de développer ce partenariat avec Mayotte plutôt qu’avec Paris», a-t-il affirmé. Mayotte, compétente en matière de normes phytosanitaires, brille déjà à Paris avec plusieurs médailles en vanille et travaille pour en obtenir davantage dans d’autres filières comme le cacao, dont les fèves proviennent également d’Ambanja. «Nous possédons une expertise sur le café et le riz, mais il nous manque le volume et la continuité d’approvisionnement pour accéder aux marchés internationaux. Madagascar est indispensable dans ce cadre», a ajouté l’opérateur mahorais.
Madagascar, autrefois nourricière de
l’océan Indien, possède les ressources nécessaires, mais a perdu sa notoriété. Mayotte, limitée en superficie, dépend de Madagascar pour un approvisionnement continu et en volume. Actuellement, 12 accords-cadres existent entre le Consulat général de Mayotte et Madagascar, facilitant cette coopération. Green Fish développe chaque année de nouveaux produits comme le thé, le curcuma, la vanille, la cannelle, le piment et le café. La reconnaissance de Mayotte sur le marché parisien, notamment avec sa cannelle, pourrait s’étendre grâce à une coopération accrue avec Madagascar.
SIAE : une plateforme pour l’internationalisation
Le SIAE, depuis sa première édition en 2022, a connu une croissance significative, attirant des participants de divers horizons, de l’océan Indien aux Emirats Arabes Unis. La deuxième édition en 2023 a renforcé les liens économiques avec la Corée du Sud grâce au Korea Madagascar Business Forum. Cette année, le SIAE s’ouvre davantage à l’international avec la participation de la délégation mahoraise menée par Green Fish, offrant ainsi de nouvelles perspectives aux entreprises malgaches.
Les rencontres B to B, cœur de cette troisième édition, visent à favoriser les partenariats stratégiques par des échanges directs. Nathalie Nirinarivelo, CEO de Riano Agency, organisatrice du SIAE, explique : «Le salon offre une plateforme unique pour les échanges, les dialogues et la création d’opportunités d’affaires entre Madagascar, l’océan Indien, l’Afrique, l’Amérique et d’autres régions».
Bako Nirina Rasoamalala, présidente du comité d’organisation du SIAE, a souligné l’intérêt croissant pour la vanille et le cacao, produits phares de cette édition. «Le manioc commence également à attirer l’attention, ouvrant de nouvelles perspectives pour les acteurs économiques malgaches», a-t-elle indiqué.
Le partenariat stratégique entre Mayotte et Madagascar, renforcé par le SIAE, augure d’un avenir prometteur pour les échanges commerciaux et le développement économique de la région.
Arh.




