Vivre au ralenti

Hier, c’est-à-dire le lendemain des fêtes, les rues de la capitale étaient remarquablement désertes que d’ha­bitude. Incontestable­ment, c’était tout le contraire du 1er janvier 2025, durant lequel, Analakely et Anosy
ont été envahis par les promeneurs. Ce sont no­tamment des gens des périphéries qui ont pique-niqué sur chaque espace libre de ces deux places fortes.
Hier donc, même le marché hebdomadaire de Mahamasina avait été déserté par les habituels acheteurs bien que tous les commerçants, dans la majorité des cas, étaient au rendez-vous. Cela peut s’expliquer par le fait que le budget familial, déjà insuffisant, a été largement entamé pendant les fêtes de Noël et du Nouvel an. Les rares clients ont pu faire leurs achats sans avoir à supporter les bousculades en pareil jour.
Bien évidemment, bien d’autres choses peuvent expliquer cette situation. Entre autres, beaucoup ont dû chercher à ré­cupérer et se reposer après les excès de toutes sortes occasionnés par ces fêtes qui se sont
succédées. Il faut bien prendre soin des gueules de bois incon­tournable après des rencontres bien arrosées. On sait trop bien que les Mal­gaches aiment bien boi­re.
Par ailleurs, l’une des coutumes bien malgaches et qui se garde en­core, est de rendre visite aux parents en ce début d’année. Pour beaucoup, c’est l’une des rares occasions où tous les mem­bres de la famille au grand complet, au sens le plus élargi du terme, se rencontrent lors d’un repas. Les obligations professionnelles de chacun li­mitent la tenue de telles rencontres.
Il faut aussi mentionner que certaines entreprises pratiquent le con­gé annuel en cette période. Pour cette raison, des milliers de travailleurs préfèrent rester tranquillement chez eux afin de jouir de ces temps de repos plus ou moins forcés. D’autant plus que, comme on se trouve en période de vacances scolaires, parents et enfants se retrouvent au sein du foyer.
En fin de compte, la conjugaison de tous ces faits a rendu Antanana­rivo très calme hier. Il s’en est suivi que la circulation a été fluide un peu partout dans la capitale si bien que la police de la circulation n’avait pas beaucoup à intervenir. Comme les véhicules particuliers étaient plutôt rares, seuls les moyens de transport en commun ont assuré leurs services comme d’habitude.
On pouvait craindre que cette fluidité ait certainement encouragé cer­tains conducteurs à rouler plus vite que d’habitude risquant ainsi de créer des accidents. Mais heureusement, on n’a pas entendu parler de grave accident hier, con­trairement à ce qui s’est passé le 1er janvier. Com­me chaque lendemain des fêtes, la capitale semblait vivre au ralenti.

Aimé Andrianina

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