La Fédération internationale de badminton (BWF) a publié hier son nouveau classement mondial masculin, dans lequel figurent des badistes malgaches.
En tête du contingent malgache, Lalaina Jeremy Ramanana Rahary fait une entrée fracassante dans le Top 600, se hissant à la 552e place mondiale avec 1.520 points. Ce classement, il le doit à son parcours remarqué aux championnats d’Afrique en simple messieurs, où il a atteint les huitièmes de finale. Malgré une sortie précoce face à des adversaires au smash plus tranchant, Lalaina a montré un jeu de défense solide et des contres bien placés, accumulant des points précieux. Comparé aux top joueurs africains, il reste cependant loin du Nigérian Anuoluwapo Juwon Opeyori, actuel roi du continent, classé 62e mondial avec plus de 20.000 points, grâce à ses titres aux African Games 2024. Le fossé est immense, mais Lalaina, avec son revers incisif, pourrait réduire l’écart s’il enchaîne les tournois.
Tokinirina Razafimandimby, quant à lui, s’accroche au Top 700 avec une 689e place et 920 points, récoltés à l’Open de Saint-Denis 2024 (La Réunion). Son style basé sur des amortis malins et une bonne lecture du jeu lui a valu une belle campagne, même si ses rallyes manquent encore de constance pour rivaliser avec des joueurs comme l’Algérien Youcef Sabri Medel (228e avec 6.000 points) ou le Sud-Africain Robert White, dans le Top 300. Tokinirina reste néanmoins un pionnier pour Madagascar, où le badminton émerge doucement.
Enfin, Hery-Zo Maminiaina Rakotoherinivo et Thierry Razafimahatratra, 1.345e avec 170 points chacun, marquent leurs premiers pas dans le ranking grâce à l’Open de La Réunion. Leurs lobs encore perfectibles et leur manque d’expérience internationale les placent loin derrière des talents comme l’Ougandaise Husina Kobugabe, qui domine chez les dames en Afrique, ou les Egyptiens, habitués des podiums continentaux. Pourtant, ces 170 points ne sont qu’un début pour ces badistes malgache.
Un potentiel à polir
A l’échelle africaine, le badminton reste dominé par des nations comme le Nigeria, l’Algérie, l’Afrique du Sud et l’Egypte, dont les joueurs trustent les premières places grâce à une régularité dans les tournois BWF et des infrastructures plus développées. L’Egyptien Adham Hatem Elgamal oscille, par exemple, autour du Top 150 mondial, porté par des clears précis et une présence constante en compétition. Madagascar, avec Lalaina en fer de lance, pointe à la 5e ou la 6e place des nations africaines en termes de ranking individuel, un exploit pour un pays où le badminton est encore en phase de structuration.
Naisa