À l’approche du Sommet des chefs d’État de la Commission de l’océan Indien, prévu pour le 24 avril, une grande mobilisation a eu lieu depuis quelques jours à travers la capitale. Les personnels des ministères se sont activement investi dans une vaste opération de nettoyage, ou «Tagnamaro», dans plusieurs quartiers. Une belle initiative qui démontre, a priori, une volonté commune d’offrir un cadre propre et accueillant aux délégations étrangères.
Ce genre d’action prouve que, lorsqu’il y a une volonté politique forte, des moyens et une organisation, il est possible de mobiliser efficacement toutes les couches de la société. Mais au-delà de l’objectif immédiat lié au sommet, une question se pose : pourquoi ces actions citoyennes ne deviendraient- elles pas la norme plutôt qu’une exception dictée par les grands rendez-vous ? Et si les autorités étatiques mettaient en place ce genre d’initiatives mais en choisissant de la pérenniser ?
Certes, il fut un temps où une ministre de la Communication l’avait vulgarisé mais après son départ, rien n’a été fait. Il ne faut pas oublier que l’idée même du Tagnamaro repose sur un principe : que l’union fait la force. Les citoyens, lorsqu’ils unissent leurs efforts, peuvent accomplir de grandes choses. Or, la propreté et l’entretien de notre environnement et de la ville ne devraient pas être un impératif uniquement lorsque des invités de marque sont attendus. Madagascar mérite d’être soigné et embelli au quotidien, pour ses habitants en premier lieu, et non seulement pour des raisons protocolaires. Certains diront que c’est à la commune de le faire mais il n’en demeure pas moins que vu les moyens à sa disposition, elle ne pourra pas faire toute seule.
De plus, loin d’être une simple question de nettoyage, il s’agit ici d’un véritable état d’esprit à inculquer durablement : l’engagement civique et la participation collective. Si chaque ministère, chaque administration, chaque citoyen s’engageait à perpétuer ces initiatives tous les mois, voire chaque semaine, l’impact serait considérable. Non seulement en termes de propreté, mais aussi en termes de conscience collective et d’amélioration du cadre de vie. Et nous en avons plus que besoin à l’heure actuelle.
Ceci étant, au lieu de voir le Tagnamaro comme une initiative ponctuelle, pourquoi ne pas en faire une habitude profondément ancrée dans notre culture civique ? Que ce soit pour nettoyer nos rues, réhabiliter nos infrastructures ou reboiser nos espaces verts, chaque action collective compte.
Rakoto