A force de sentiments …

Analakely reprend le cours normal des choses. Presque rien n’a changé depuis le début de semaine où les marchands des rues d’Analakely devaient plier bagage. Après deux jours de bras de fer avec la Commune urbaine d’Antananarivo, les marchands reprennent leur place avec peut-être un peu moins de place que d’habitude. Mais au moins ils sont toujours là. La CUA a cédé face aux revendications malgré ses projets. Il sera encore loin le temps où le centre-ville reprendra ses droits pour redevenir une place organisée.
Mais pourquoi donc ces marchands s’acharnent-ils à rester sur place ? Parce que, semble-t-il, les clients ne les voient pas. La logique serait peut-être que les clients rejoignent les marchands. Si ces derniers vont ailleurs, les clients les chercheront forcément. Les supermarchés restent bien bondés alors que certains clients doivent y faire des kilomètres pour s’y rendre.
Mais aussi, les lois ne sont-elles pas faites pour être respectées ? Personne n’est au-dessus des lois. Malheureusement certains semblent l’avoir oublié et profitent de leur situation pour jouer avec les sentiments. Trop de sentiment tue pourtant. Il est difficile d’avancer si on s’attarde sur l’apitoiement. Les revoilà, plus forts que jamais, de retour sur leur place habituel, leur place de pouvoir, intouchable, inamovible, tels des élus à forte majorité.
Les trottoirs ne sont-ils pas pour les piétons ? La route pour les automobiles ? Et les marchés pour les marchands. Les mélanger ne ferait qu’augmenter les embouteillages dans la ville. Pendant ce temps, les étales des marchés restent vides, tout simplement parce que les marchands boudent dans la rue.

T.N

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