Au-delà des conséquences et des impacts économiques de cette guerre commerciale à sens unique déclenchée par Donald Trump et qui est en train d’ébranler le monde, les optimistes y voient une opportunité d’une grande réforme commerciale, en établissant des nouveaux accords régionaux de libre-échange, de nouvelle génération, qui pourraient changer la donne.
Certains estiment même que le moment est venu de donner un nouvel élan aux conventions, protocoles et aux traités commerciaux déjà existants, pour moins dépendre du marché américain et avoir d’autres débouchés à l’importation. A citer le Marché commun pour l’Afrique orientale et australe (Comesa) de 450 millions de consommateurs, la zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) encore en phase de mise en œuvre sur l’ensemble du continent africain. A ce sujet, les pays en voie de développement comme Madagascar ont tout intérêt à y adhérer pleinement. A noter également la Zone de libre-échange tripartite (ZLET) fusionnant le Comesa, l’EAC et la Sadc.
Pour l’Europe, le vieux continent veut aussi stimuler davantage le commerce avec le Canada, à travers l’Accord économique et commercial global (AECG), supprimant de nombreux obstacles commerciaux, notamment les droits de douane et les restrictions réglementaires. Entre le bloc de l’Asean composé de 10 membres (la Chine, le Japon, la Corée du Sud, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Inde) en y incluant 16 Etats de la région Asie-Pacifique, le projet
d’accord de libre-échange priorisant le partenariat économique régional global (RCEP), pourrait aussi peser lourd dans la balance commerciale au détriment des Etats-Unis.
Certes, les droits de douanes faramineux dictés par Donald Trump, ne relèvent pas d’une décision du genre à prendre ou à laisser. Le président américain a laissé la porte ouverte aux pays contraints de négocier, comme seule option pour ne pas pénaliser lourdement leur économie, cadrant parfaitement au scénario prévu par Donald Trump. Alors qu’on sait très bien que pour ce dernier, pas de concession sans contrepartie. Et dans cette optique, il faut s’attendre à tout. C’est vraiment du donnant-donnant, avant de conclure un échange gagnant-gagnant, sans garantie toutefois d’enregistrer des bénéfices engrangés auparavant.
Entre le libre-échange et le protectionnisme commercial avec des barrières tarifaires imposées, mais franchissables sous certaines conditions, le choix est vite fait pour Donald Trump qui veut consolider l’hégémonie américaine. Désormais, il appartient aux pays visés de prendre position, pour défendre leurs intérêts économiques et leur part commerciale, en formant des blocs solides et nouant des alliances stratégiques, une façon de changer la donne.
J.R